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Distribution

Devenir franchisé : entreprendre sans rouler seul

Publié le 25 février 2026

Par Charlotte Morvan
5 min de lecture
Grandir en étant accompagné, s’appuyer sur un réseau structuré tout en restant indépendant : la franchise continue de séduire des profils variés, du salarié en reconversion au commerçant aguerri. Dans ce contexte, Franchise Expo Paris s’impose comme un rendez-vous quasi incontournable. Pour sa 44e édition, le salon confirme son rôle clé pour celles et ceux voulant se lancer dans la franchise.
Plus de 32 000 visiteurs étaient présents lors du salon Franchise Expo Paris en 2025. ©Franchise Expo Paris

Rendez-vous majeur pour tous ceux souhaitant créer leur entreprise en franchise, Franchise Expo Paris revient pour une 44e édition du samedi 14 au lundi 16 mars 2026, à Paris Porte de Versailles (hall 1). Du pneumatique à l’entretien, en passant par le véhicule d’occasion et l’électrification, autant de sujets "auto" qui traverseront les allées et nourriront la réflexion des prétendants. 600 exposants, dont près de 500 enseignes et plus de 30 000 visiteurs, sont attendus.

"Nous sommes sur des volumes comparables à l’édition précédente et c’est une très bonne chose. Dans le contexte actuel, maintenir ce niveau montre que la franchise continue d’attirer, aussi bien les réseaux que les porteurs de projets", explique Sylvie Gaudy, directrice du salon Franchise Expo Paris.

Créer son entreprise est souvent présenté comme un saut dans l’inconnu. La franchise propose une autre trajectoire : un cadre structurant, une marque identifiée, des méthodes maîtrisées tout en laissant au franchisé la responsabilité de son point de vente. En France, ce modèle a trouvé un terrain particulièrement favorable. Il concerne aujourd’hui plus de 2 000 enseignes, pour près de 91 000 points de vente franchisés, répartis dans des secteurs aussi variés que la restauration, le commerce spécialisé, les services à la personne ou l’automobile.

Dans ce contexte, Franchise Expo Paris revendique une dimension très concrète. Les stands sont pensés comme des espaces immersifs, parfois très proches de la réalité du terrain, permettant aux visiteurs de se projeter dans leur future activité. Le salon ne s’adresse pas uniquement à des candidats déjà convaincus, mais aussi à des visiteurs en phase de questionnement. Certains arrivent avec une idée précise, d’autres avec une simple envie de changement.

Tous cherchent des réponses concrètes : quel budget prévoir, quel niveau d’implication personnelle, quelle perspective à moyen terme ? Des interrogations auxquelles les visiteurs trouvent des réponses concrètes au contact des réseaux et des franchisés. Notamment à travers une programmation dense : conférences, tables rondes et ateliers pratiques dans lesquels seront abordés des sujets transversaux comme le financement, la reconversion professionnelle ou encore la gestion d’équipe.

Automobile : un secteur discret mais stratégique

Le secteur automobile est en deuxième position des services comptant le plus de points de vente en 2024 : 11 333, soit une progression d’environ 11 % comparé à 2023. Avec 25 enseignes inscrites au salon au moment où nous bouclons ce numéro, le secteur automobile ne joue pas la carte de la quantité, mais celle de l’impact. Centres autos, entretien, vitrage, location ou achat-vente de véhicules, cet univers est couvert dans son ensemble. Parmi les 25 enseignes, 10 n’étaient pas présentes lors de l’édition précédente.

"Cela représente un renouveau par rapport à ce qu’on proposait à nos visiteurs et à nos porteurs de projets auparavant. Aujourd’hui, nous sommes à 25, on espère bien dépasser ce chiffre rapidement avec des nouveaux concepts qui n’ont pas encore concrétisé leur inscription", souligne Nina Pauk, directrice du développement dans le secteur de l’automobile.

Après une année 2025 particulièrement tendue, le climat économique incite les automobilistes à arbitrer leurs dépenses. À cela s’ajoute une transformation structurelle majeure : l’électrification du parc. Franchise Expo Paris consacre une conférence entière aux mutations de l’entretien automobile face à l’arrivée massive des véhicules électriques. Un sujet incontournable pour les futurs franchisés.

"Quand on signe un contrat de franchise, on s’engage souvent pour sept à dix ans. Il est essentiel de savoir comment le réseau anticipe l’évolution de son métier", insiste Sylvie Gaudy. Dans un secteur automobile en pleine mutation, entre transition énergétique, contraintes économiques et nouvelles attentes des consommateurs, le salon parisien offre un espace pour réfléchir avant d’appuyer sur l’accélérateur. Une manière de s’assurer qu’avant de prendre le volant de la franchise, la route soit bien tracée.

Passer la première sans caler

Devenir franchisé ne s’improvise pas. Pour Sylvie Gaudy, tout commence par une introspection simple mais essentielle : vouloir être son propre patron et accepter ce que cela implique. Gérer une entreprise, ce n’est pas seulement suivre un concept, c’est aussi assumer des décisions, encadrer des équipes et faire face à des périodes plus complexes.

Le salon est justement conçu pour aider les candidats à se positionner. Les conférences pédagogiques permettent de comprendre les bases du modèle, les obligations contractuelles, la relation avec la tête de réseau ou encore les grandes lignes d’un business plan. Des séances de coaching sont également proposées lors du salon pour aider les visiteurs à mieux cerner leur profil et leurs contraintes personnelles : horaires de travail, équilibre de vie, capacité à manager, autant de paramètres qui varient d’un secteur à l’autre.

Au-delà des contenus théoriques, ce sont surtout les rencontres qui marquent les visiteurs. Elles permettent d’aborder la réalité du quotidien : la gestion d’une équipe, la relation client, l’équilibre entre vie professionnelle et personnelle. Savoir pourquoi ils ont choisi cette enseigne plutôt qu’une autre. Comment se passe l’accompagnement ? Referaient-ils le même choix aujourd’hui…

"Le contact humain fait la différence. Dans une ère où on est dans le virtuel, on se rend compte à quel point le salon a encore plus de sens aujourd’hui, parce que c’est justement cette dimension humaine, cet échange, ce coup de cœur professionnel que vous allez avoir en échangeant qui va faire la différence", souligne Nina Pauk.

Dans le secteur automobile, il n’existe pas de profil type. Certains réseaux recherchent des candidats issus du secteur, d’autres privilégient des profils sans expérience technique, afin de les former entièrement à leur méthode. Le rôle du franchisé n’est pas toujours de mettre les mains dans le cambouis, mais bien de piloter une entreprise, une équipe et une relation client. La formation initiale et l’accompagnement dans la durée apparaissent donc comme des critères décisifs, parfois plus que la notoriété de l’enseigne.

Le b.a.-ba pour devenir franchisé

Se lancer en franchise automobile suppose d’abord de faire un choix, celui du segment de marché. Réparation, centre auto, vitrage, lavage, location ou vente de véhicules d’occasion, chaque spécialité répond à des logiques économiques, des investissements et des compétences différentes. Derrière une même enseigne, les réalités peuvent varier, tant en termes de chiffre d’affaires que de contraintes opérationnelles.

Vient ensuite la question du lieu d’implantation. La plupart des franchises automobiles nécessitent des locaux adaptés : surface suffisante, accès facilité pour les véhicules, visibilité depuis les axes de circulation, conformité aux normes environnementales et de sécurité. Le choix du site détermine à la fois la fréquentation, la productivité de l’atelier et la relation client.

Troisième point : la constitution d’une équipe. Dans les réseaux de garages ou de centres automobiles, une équipe qualifiée est indispensable. Recruter des mécaniciens, des techniciens de vitrage ou des responsables d’atelier suppose d’anticiper les besoins en formation et en management. La pénurie de main-d’œuvre qualifiée dans certaines zones rend d’ailleurs cette phase particulièrement sensible pour les futurs franchisés.

Enfin, la communication ne peut être reléguée au second plan. Selon le positionnement de la franchise, la clientèle visée peut être essentiellement grand public ou largement professionnelle. Construire un plan de communication adapté, en cohérence avec la stratégie nationale de l’enseigne et les spécificités locales, permet de développer la notoriété du point de vente et de fidéliser la clientèle sur le long terme.

 

Cet article est extrait du Journal du Pneumatique n° 193 de janvier-février 2026.

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