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Distribution

Écomobilité : Point S revoit sa méthode

Publié le 9 février 2026

Par Romain Baly
3 min de lecture
Bien que l’enseigne l’ait lancé il y a déjà trois ans, son concept Écomobilité a récemment pris un virage inédit avec l’ouverture d’un premier centre urbain dédié à 100 % aux mobilités douces. Installée à Villeurbanne (69), cette implantation devrait s’avérer stratégique pour Point S qui compte bien s’appuyer sur ce flagship pour voir plus grand.
Installé sur le cours Tolstoï, dans un quartier de Villeurbanne en pleine mutation, ce Point S Écomobilité profite de sa proximité avec Lyon et d’une piste cyclable très prisée juste devant sa vitrine. ©JDP

Si "Point S touche au but" aurait pu faire un bon titre pour cet article, la concrétisation d’un projet ne marque jamais que le début du chemin. Tout reste donc à faire. Quatre ans après avoir lancé son concept Écomobilité, l’enseigne lyonnaise a récemment ouvert un nouveau chapitre de cette histoire. Au départ, son projet était simple – élargir son spectre de compétences, s’inscrire dans une tendance sociétale de fond –, mais son ambition demeurait beaucoup plus complexe.

Car avec Écomobilité, Point S entendait convaincre ses propres adhérents de diversifier leur activité mais aussi en séduire de nouveaux, loin du pneu, de l’entretien ou de l’automobile. Sauf que cette ouverture vers l’univers des mobilités douces ne pouvait se faire du jour au lendemain.

En dépit d’une feuille de route bien établie avec de l’entretien et de la vente de trottinettes et de vélos électriques et le référencement de marques premium, le premier réseau indépendant de l’Hexagone (avec près de 700 centres) a longtemps buté à sortir son concept de sa propre communauté.

Un échec très relatif puisqu’en trois ans, 42 centres l’ont adopté, ce qui s’avère déjà très honorable pour une activité sortant des sentiers battus. Cette étape symbolique, Point S l’a finalement franchie le 1er septembre 2025. Ce jour-là, le premier centre Écomobilité 100 % urbain ouvrait ses portes à Villeurbanne (69).

Un moment important, rendu possible grâce à l’investissement de Mohcime Hassar. Ancien docteur en mécanique avancée dans l’aéronautique, passé entre autres par le groupe Airbus, ce dernier choisit de se réorienter vers une activité plus durable et porteuse de sens. Cet univers ne lui est d’ailleurs pas totalement inconnu puisque son père est depuis de longues années réparateur et vendeur de vélos.

Un positionnement premium

Quant au choix de l’enseigne, le néo-entrepreneur, accompagné dans cette aventure par deux salariés, l’explique par l’écoute des premiers échanges, cette impression de pouvoir s’épanouir, et la notoriété de Point S qui, associée au potentiel du marché des mobilités douces, semble être le meilleur des cocktails.

Après trois mois de travaux et un investissement compris entre 120 et 160 000 euros, Mohcime Hassar a donc ouvert les portes de son commerce à la rentrée 2025. L’emplacement se veut stratégique en étant en première couronne lyonnaise, à proximité de la gare de Lyon Part-Dieu, dans le quartier du Cours Tolstoï en pleine mutation et avec une piste cyclable très prisée juste devant.

En outre, de l’extérieur, il faut tout de même avoir l’œil pour se rendre compte qu’on entre dans un Point S. Preuve du caractère différenciant. "On s’est posé beaucoup de questions sur la manière de placer le logo dans ce projet. Jusqu’à quel point met-on en avant l’enseigne ?" décrypte Lionel Haberlé, directeur marketing, communication et stratégies.

À l’intérieur, ce nouveau centre s’étend sur 90 m2 avec un atelier et un showroom très travaillé. Les clients peuvent y retrouver toute une gamme d’accessoires et de pièces détachées ainsi que des trottinettes et des vélos électriques Peugeot, Gitane, Easybike et EXS. Un choix qui ne doit rien au hasard.

"Depuis trois ans, on a senti une vraie attente des consommateurs et des adhérents pour ce concept. Mais on a aussi été confrontés à l’immaturité de ce marché avec des partenaires qui vont et viennent, sans aucune assurance pour les revendeurs, fait remarquer Lionel Haberlé. Aujourd’hui, avec ces marques, on reste en adéquation avec le positionnement historique de Point S, mais on estime aussi avoir trouvé le bon équilibre pour que ça fonctionne."

Fidéliser autour de l’après-vente

S’il confie avoir trop peu de recul pour tirer un premier bilan, Mohcime Hassar a bien conscience qu'en dépit de l’offre proposée et du budget que les consommateurs sont prêts à consacrer à ces modes de locomotion, le point clé de son affaire portera sur l’après-vente. Réparation, entretien, révision, tout cela apporte de la récurrence sur une activité encore incertaine.

L’une des clés du succès tient ainsi dans la fidélisation. L’Écomobilité de Villeurbanne a donc mis en place toute une série de services (garantie, reprise d’un ancien "véhicule", offre de leasing pour les entreprises…) s’inscrivant dans cette logique. Pour Lionel Haberlé, ce centre est "un peu un flagship et un laboratoire" pour le futur de ce concept et nécessite une adaptation stratégique.

"Par exemple, nous qui sommes habitués à de la communication de masse, ici nous devons travailler localement, miser sur le bouche-à-oreille, développer notre notoriété sur les réseaux sociaux, ou encore réfléchir à une stratégie de maillage non plus à l’échelle nationale mais au niveau d’une agglomération."

Nonobstant l’importance symbolique de cette adresse, et les enseignements qu'elle espère en tirer, Point S ne compte pas changer fondamentalement ses plans. Ce premier centre urbain ne remet pas en cause la volonté de développer Écomobilité dans le réseau. Parce que les deux ont du sens et qu’on avance toujours mieux sur deux jambes.

 

Cet article est extrait du Journal du Pneumatique n°193 de janvier-février 2026.

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