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Manufacturiers

Michelin rachète RéviserSaVoiture.com

Publié le 22 janvier 2015

Par Jérôme Fondraz
2 min de lecture

Dans le cadre de sa politique de diversification dans les services d'aide à la mobilité des biens et des personnes, le manufacturier s'intéresse de près au carnet d'entretien numérique développé par Michel Grihangne.

Ce Nantais de 37 ans a créé le 6 juillet 2009 ReviserSaVoiture.com, le premier portail français d'intermédiation entre les automobilistes et les garages, avec un système de coupons de réduction pour les clients. Cette idée lui est venu de son précédent métier. Employé 8 ans chez PSA Peugeot Citroën, il a occupé le poste de responsable région Entretien Auto avant de se lancer sa start-up. Son site se distingue sur la toile par son carnet d'entretien numérique. Il permet à l'automobiliste de mieux gérer les opérations de maintenance de son véhicule et de bénéficier de promotions de la part des garages autour de lui. Les mécaniciens réparateurs peuvent intégrer cette communauté, moyennant un forfait annuel de 300 à 350 euros.

 

ReviserSaVoiture référence 5000 ateliers, dont 2000 sont actifs, c'est-à-dire qu'ils publient régulièrement des promotions (jusqu'à 5 simultanées). Parmi eux, 50% de MRAs et d'indépendants, 40% de réseaux constructeurs et 10% de centres-auto. « Tous les concessionnaires Nissan et tous les centres auto Leclerc sont référencés depuis plus de 3 ans », indique Michel Grihangne, qui emploie aujourd'hui une quinzaine de personnes à Nantes. Son chiffre d'affaires était de 920 000 euros sur l'exercice 2012-2013. ReviserSaVoiture est flexible, les garages peuvent publier leurs promotions ou celles de leur tête de réseau. Le site comptait fin décembre quelques 70 000 utilisateurs de son carnet d'entretien numérique, dont le développement a été financé en partie par l'aide d'Oseo qui lui accordé le label Entreprise Innovante en 2012. « Un tiers d'entre eux sont très actifs », déclare Michel Grihangne. « Ils vont jusqu'à scanner leurs factures et les télécharger dans leur carnet d'entretien numérique pour en conserver une trace juridique ».

 

La possibilité de transférer la propriété du carnet est aussi prévue en cas de revente du véhicule. L'intérêt de Michelin pour ce service aux automobilistes, dont 46% sont des femmes, s'explique par son potentiel de développement. « A partir de 2016, nous allons automatiser la remontée d'informations en provenance du véhicule afin qu'elle rentre directement dans le carnet d'entretien », explique Michel Grihangne. « L'objectif, c'est de faire du prédictif pour le remplacement des pneumatiques, des balais d'essuie-glaces, etc. ». MyRenault, drivepad.fr, et Bosch avec DriveLog en Allemagne sont également sur ce créneau du carnet d'entretien numérique. D'autres évolutions sont prévues, maintenant que le site fait partie du programme d'incubation de start-up créé par Michelin.

 

En mars, les garagistes pourront s'inscrire pour être référencés moyennant le paiement d'une somme de 20 euros, mais ils devront payer les « leads » générés par leurs promotions. L'ergonomie du site va être également améliorée. Le back office va gagner un nouveau CRM (système de gestion de la relation clientèle), un outil de gestion comptable et une fonction Big Data. Reste la question de son indépendance. « Les synergies avec le groupe s'activeront en préservant l'autonomie et l'agilité qui ont fait le succès de ReviserSaVoiture.com », a promis Pedro Costa, responsable de l'Incubateur Programme Office Europe du groupe Michelin.

 

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