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Marché

France : léger recul des ventes de pneus en 2014

Publié le 18 avril 2015

Par Jérôme Fondraz
5 min de lecture
Les chiffres du Syndicat des Professionnels du Pneu (SPP) révèlent un marché du remplacement qui était en baisse globalement de 0,3% en 2014, à 20,2 millions d’unités. Ils soulignent une forte diminution des ventes de pneus hiver par rapport à 2013.   Les ventes de pneus tourisme, 4x4 et camionnettes sont en retrait de 0,5% […]

Les chiffres du Syndicat des Professionnels du Pneu (SPP) révèlent un marché du remplacement qui était en baisse globalement de 0,3% en 2014, à 20,2 millions d’unités. Ils soulignent une forte diminution des ventes de pneus hiver par rapport à 2013.  

Les ventes de pneus tourisme, 4x4 et camionnettes sont en retrait de 0,5% sur un an, soit 87 000 pneus de moins par rapport à 2013, sur un total de 18,5 millions d’unités. Les trois familles de produits, tourisme, SUV/4x4 et camionnettes sont impactées. La comparaison entre les ventes de pneus TC4 été et hiver démontre les effets d’une fin d’année sans neige. Sur l’ensemble de l’année, les enveloppes été ont progressé de 4% à 13,35 million d’unités, alors que les enveloppes hiver ont reculé de 18,3%, à 2,46 millions d’unités. Il faut dire que les ventes de pneus hiver avaient réalisé un bond en 2013, avec un pic au mois de novembre (1,13 million de pneus hiver écoulés par les adhérents du SPP). Ce scénario ne s’est pas reproduit cette année et quelques 550 000 pneus hiver en moins ont été vendus en 2014.

Négociants en perte de vitesse

Les marques Premium* du panel Gfk dominent encore largement le marché. Elles totalisent 63% des ventes de pneus TC4, devant les marques de seconde ligne (16,5%), les marques de distributeurs (10,4%) et les marques « budget » (10%). En comptant celles des réseaux constructeurs, qui se concentrent chez les concessionnaires principalement sur les produits des grands manufacturiers, cette part de marché est encore plus importante. Sur un an, le SPP note que la baisse des prix de 2,3% des marques premium s’est accompagnée d’une hausse des volumes de 0,6%. Les ventes des pneus aux marques des distributeurs sont celles qui ont le plus progressé. Dans cette catégorie, les prix sont ceux qui ont le plus baissé (-4%), et les volumes ont bondi de 16,1%. Selon Régis Audugé, directeur général du SPP, « les ventes des pneus aux marques des distributeurs sont celles qui ont le plus progressé ». Dans cette catégorie, les prix sont ceux qui ont le plus baissé aussi (-4%), et les volumes ont bondi de 16,1%. « Ce n’est pas une très bonne année. Les négociants spécialistes et les centre-autos ont perdu des points de part de marché par rapport aux réseaux généralistes, comme ceux des constructeurs automobiles», a-t-il précisé. En 2014 sur le segment des véhicules légers, le SPP estime que le pneumatique a représenté près de 20% des opérations après-vente et se situe au niveau du prix moyen par opération (hors réparations-collisions). « Les professionnels arrivent à préserver leurs marges sur ce poste », explique Régis Audugé, « du coup, le produit pneumatique devient un produit sur lequel on se remet à batailler ».

Les ventes de pneus PL en hausse

Dans le domaine industriel, 1,73 million de pneus PL ont été commercialisés sur le marché français du remplacement en 2014, selon le SPP, soit un volume en hausse de 1,5% par rapport à l’an passé. Les ventes de pneus PL neufs ont progressé de 3% par rapport à 2013, malgré 4 premiers mois de l’année décevants. Celles de pneus rechapés sont en légère baisse (-0,9%), notamment en raison d’un écart de prix qui s’est réduit en cours d’année. Sur ce segment, les négociants spécialistes sont les principaux acteurs du marché, même si les manufacturiers réalisent France : léger recul des ventes de pneus en 2014 Les chiffres du Syndicat des Professionnels du Pneu (SPP) révèlent un marché du remplacement qui était en baisse globalement de 0,3% en 2014, à 20,2 millions d’unités. Ils soulignent une forte diminution des ventes de pneus hiver par rapport à 2013. 15% des volumes en direct, selon le SPP. Les données statistiques du Syndicat des Professionnels du Pneu proviennent de ses adhérents (négociants spécialistes, centres-auto), de GFK et de Europool. Elles ne prennent pas en compte les volumes vendus par les réseaux généralistes des constructeurs (concessionnaires et agents), ainsi que celles des sites Internet « pure players ». Le SPP estime à 40,4% leur part de marché en France l’année dernière, contre 33,8% pour les négociants spécialistes, et 25,8% pour les centres auto et les professionnels de la réparation rapide.

*Panel Gfk premium : Bridgestone, Michelin, Goodyear Dunlop, Continental, Pirelli, Vredestein et Yokohama  

Caoutchouc naturel : la production attendue en hausse  

D’après les dernières statistiques publiées par l’Association des producteurs de caoutchouc (ANRPC), la production mondiale de caoutchouc naturel devrait progresser de 5,2 % en 2015. La secrétaire générale de l’ANRPC, Sheela Thomas, a précisé que la production devrait atteindre 11,2 millions de tonnes cette année contre 10,6 millions l’année passée. La demande devrait également suivre la même tendance haussière (+ 5,4 %) pour se fixer à 7,8 millions de tonnes, selon l’association qui réunit les producteurs du Cambodge, de Chine, d’Indonésie, d’Inde, de Malaisie, de la Nouvelle Guinée, des Philippines, de Singapour, du Sri Lanka, de Thaïlande et du Vietnam, soit 93 % de la production mondiale.

L’année 2014 a vu le cours du caoutchouc naturel continuer de dégringoler de près de 30%, après un recul de 25% en 2013. Il baisse régulièrement depuis février 2011, malgré plusieurs tentatives des pays producteurs d’agir sur l’offre et la demande pour inverser la tendance. Le prix du kilo était à un peu plus d’un euro le kilo fin 2014, alors qu’il était encore trois fois plus élevé en 2011. La hausse prévue de la production de caoutchouc naturel cette année fait suite à un ajustement en 2014 de -3% par rapport à 2013, qui devait compenser l’excédent d’offre par rapport à la demande en 2013 (700 000 tonnes, soit 6% de la récolte mondiale). Pour autant, la consommation de latex a poursuivi sa progression l’année dernière, augmentant de 4% au premier semestre 2014, soit au même rythme que l’année précédente. La demande a grimpé de 50% entre 2010 et 2014, malgré une année difficile en 2012, selon le Syndicat National du Caoutchouc et des Polymères (SNCP).  

Baisse de la production française de pneumatiques  

Selon les données de l’INSEE et d’Eurostat reprises par le SNCP, elle était d’environ 445 000 tonnes en 2013, ce qui marque un recul de 11% par rapport à 2012. La production de pneumatiques sur le territoire français aurait encore baissé de 5% au premier semestre 2014. Selon le Syndicat Nationale du Caoutchouc et des Polymères, sur une production totale estimée à 6,4 milliards d’euros (près de 40 millions de pneus), les pneus tourisme fabriqués dans les usines françaises représentent 50% de la valeur, les pneus poids lourds et camionnettes neufs 31%, les pneus agraires et génie civil 11% et les pneus rechapés 7%.

La production de pneumatiques en France connaît une érosion marquée depuis 2006. Elle s’est même contractée très fortement pendant la dernière crise, chutant de 35% entre 2008 et 2009. « Ce recul est indéniablement une des pires contractions enregistrées par l’industrie du pneumatique », indique le SNCP. Depuis, la situation continue de se dégrader. Malgré une hausse entre 2010 et 2011, la production s’est remise à baisser depuis 2012. En 2013, Michelin a supprimé 700 postes à Joué-lès-Tours (Indre-et- Loire), tandis que Goodyear-Dunlop a fermé son site d’Amiens-Nord, qui produisait des pneus tourisme et agricoles et employait 1 173 personnes. Continental avait également fermé son site de Clairoix (Oise) en 2010, ce qui avait entraîné le licenciement de 700 salariés.

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