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Distribution

Arnaud Rouget, le soldat de Midas

Publié le 6 janvier 2026

Par Romain Baly
5 min de lecture
Après avoir évolué pendant 23 ans dans l’armée, Arnaud Rouget a opéré en 2022 un virage à 360 degrés en devenant franchisé de l’enseigne. Loin de ses bases, l’ancien adjudant-chef de marine a dû s’adapter avant d’embrasser cette nouvelle carrière comme la précédente : avec engagement, conviction et ambition. Aujourd’hui à la tête de deux centres, le quadragénaire voit grand et ne se fixe aucune limite.
Natif de La Réunion, Arnaud Rouget a vécu une longue carrière dans l’armée avant de devenir chef d’entreprise grâce à la franchise Midas. ©Midas

Que la vocation soit innée ou que l’idée naisse au gré d’une révélation, le métier de militaire est ainsi fait qu’il ne se prête pas à la demi-mesure. Entre autres valeurs suprêmes, la discipline, le dévouement et le dépassement de soi obligent à se consacrer pleinement à la tâche. Dès lors que le doute s’immisce ou que la passion s’étiole, l’exigence de l’armée vous dépasse et il est alors temps d’ouvrir un nouveau chapitre. Cette histoire, partagée par de nombreux autres militaires, est celle qu’a vécue Arnaud Rouget.

Avant de devenir en 2022 franchisé Midas, ce dernier a passé près de 23 ans dans les Troupes de marine, l’un des corps qui composent l’armée de terre. Un univers découvert presque par hasard. Enfant, il grandit sur l’île de La Réunion dans une famille d’agriculteurs. Adolescent, il se cherche avant de croiser la route de soldats. Très sportif, ce qui aide toujours en pareil cas, il va voir dans cette rencontre l’étincelle qui lui manquait.

À 18 ans, il quitte son cocon pour prendre son envol. À plus de 9 000 kilomètres de chez lui, il débarque en métropole et s’installe précisément à Noyon, dans l’Oise. Loin de s’attarder sur le choc culturel et thermique, Arnaud Rouget préfère louer la qualité de la formation reçue et les vertus de ce monde qu’il découvre alors et avec lequel il se sent déjà pleinement en phase. La suite sera marquée par une trajectoire linéaire. Caporal à 22 ans, sergent à 27, lui qui terminera adjudant-chef enchaîne les promotions.

Pourtant, à l’écouter, l’essentiel était bien ailleurs. Ses deux décennies et quelques passées au service de la France lui ont permis de voyager, beaucoup voyager… Versailles (78), Chartres (28) et Fréjus (83) en métropole ; Tahiti, Mayotte ou la Martinique dans les outre-mer : Arnaud Rouget a vu du pays. Pendant des missions qui duraient parfois entre deux et trois ans, il a pu côtoyer différentes cultures, différentes populations, différents territoires. Avec tout ce que cela implique en forces et en faiblesses, en atouts et en inconvénients.

Un besoin de stabilité

Sur le plan personnel, cette aventure lui a aussi beaucoup apporté. C’est à Tahiti qu’il a rencontré sa femme et qu’il est devenu père pour la première fois avec la naissance de sa fille. C’est en Martinique que ses deux autres enfants ont grandi et ont même appris le créole. Une autre forme de richesse. Mais aussi exaltante soit-elle, cette vie faite de sauts de puce permanents a fini par le rattraper. Au bout du chemin, la fin de l’aventure commençait alors à s’écrire pour Arnaud Rouget.

"J’étais en mission en Martinique depuis deux ans et j’avais l’impression d’avoir fait le tour de la question. Nous avons beaucoup bougé au cours de ma carrière et je voulais vraiment de la stabilité pour ma famille." À la même époque, il dirige sur la base militaire de Fort Desaix un groupe de maintenanciers travaillant à la fois sur de l’armement, des véhicules blindés ou légers. C’est de là que va venir l’autre étincelle. À l’aise avec ses collègues, il se prend d’intérêt pour leur savoir-faire et apprend à leur côté quelques rudiments de mécanique.

"Pas de quoi faire de moi un mécanicien, nuance-t-il. Mais ça me plaisait vraiment et ça a suscité en moi des interrogations sur mon avenir. D’autant qu’à peu près au même moment, j’ai entendu parler de Midas dont les valeurs me parlaient beaucoup et qui cherchait avant tout de bons gestionnaires." Sa décision est prise. Mission terminée, Arnaud Rouget et les siens rentrent en métropole et s’établissent en Loire-Atlantique. Un endroit découvert pendant des vacances et qui devient ainsi leur nouvel havre de paix.

Sur le plan professionnel, la réflexion a fait son chemin et le quadragénaire décide alors de quitter les rangs. Pour avancer dans son nouveau projet, il sollicite l’enseigne du groupe Mobivia pour intégrer son réseau et se met en quête d’un centre à reprendre. Non loin de son nouveau chez lui, le Midas de Saint-Brévin-les-Pins (44), sur la côte Atlantique, est justement en vente.

Changement de logiciel

Décidé à sauter le pas et bien organisé pour concrétiser son projet, Arnaud Rouget monte minutieusement son dossier et comprend qu’il faut savoir s’entourer "avec un très, très bon comptable". En parallèle, pour comprendre toutes les ficelles de son futur métier, il suit le programme de formation de l’enseigne avec notamment des sessions au siège et sur le terrain, chez d’autres membres du réseau. Au final, les banques le suivent, le fast fitter aussi et il devient ainsi franchisé Midas en 2022.

Preuve que la conviction ne permet pas de lever toutes les barrières, les premiers mois ne sont "pas forcément évidents". S’il a eu l’habitude de diriger pendant des années des hommes et des femmes, l’ancien adjudant-chef doit changer son logiciel. "Même si j’ai toujours été quelqu’un qui dirigeait de façon plus participative que directive, j’avais quand même passé 23 ans dans un monde où on parle de commandements et d’ordres. Arriver dans un autre où il est question de management m’a demandé un temps d’adaptation", reconnaît-il.

Au bout de quelques mois, la mue s’opère et Arnaud Rouget trouve son rythme auprès de ses cinq salariés. Avec une équipe "qui travaille fort et bien" ainsi qu’une demande "qui a toujours été soutenue", le néochef d’entreprise enregistre rapidement de la croissance. D’autant qu’en parallèle, il ne manque pas d’idées pour améliorer sa notoriété locale. Son Midas est ainsi l’un des sponsors de l’équipe féminine de football de la ville voisine de Saint-Nazaire, et assure la maintenance des véhicules des joueuses, mais aussi, plus atypique, du club de pirogue de Saint-Brévin-les-Pins. Un heureux clin d’œil aux années tahitiennes.

Dans le même temps, un soin tout particulier est porté au volet social avec des salariés valorisés et récompensés. "C’est difficile de trouver de bons techniciens alors j’essaie le plus possible de les fidéliser en étant attentif à eux." Enfin, Arnaud Rouget entend également se montrer irréprochable sur le plan environnemental, en veillant à recycler tout ce qui peut et doit l’être, mais aussi en limitant toutes ses consommations.

Les vertus de l’exemplarité

Ces efforts pour rendre son affaire exemplaire ont valu au centre de Saint-Brévin-les-Pins de devenir le premier du réseau Midas en France à obtenir le label RSE. Une fierté pour son patron. Loin de s’arrêter sur ces réussites, Arnaud Rouget mène sa nouvelle carrière comme la précédente. L’engagement se veut total et les ambitions sont grandes. "Il faut toujours progresser, avancer, voir plus loin", dit-il.

Ce sens de l’anticipation lui a permis de négocier un autre virage ces derniers mois. Mi-2025, il a repris le Midas de Saint-Nazaire (44) après avoir sollicité sa tête de réseau pour voir plus grand. Un vœu exaucé avec le départ à la retraite des anciens dirigeants du centre. Mais alors que celui-ci tourne déjà très bien, la stratégie qui est appliquée s’avère la même qu’à Saint-Brévin-les-Pins avec une philosophie que l’on pourrait qualifier de "qualitative-accessible".

"Les clients font de plus en plus attention à leurs dépenses, mais j’ai quand même l’impression qu’ils ne sont pas prêts à renier la qualité. C’est à nous de les écouter, d’éventuellement mettre en place des opérations promotionnelles, tout en restant très attentifs aux basiques de notre métier. Savoir accueillir, donner envie de revenir, protéger les sièges avec des housses, donner un coup d’aspirateur dans la voiture… Ce sont ces petites attentions qui montrent notre professionnalisme et permettent de fidéliser les clients."

En faisant le grand saut entre mono et multisite, le chef d’entreprise a peut-être déjà fait le plus dur. À 46 ans, il se sait encore au milieu de sa vie professionnelle et ne s’interdit rien. "Avoir d’autres centres ? Bien sûr que j’y pense. Trois, quatre, cinq… je n’en sais rien, mais c’est ça qui est captivant. Avancer, grandir, c’est vraiment l’idée", conclut-il.

 

BIO EXPRESS

Arnaud Rouget 46 ans

2000. Rejoint l’armée de terre.

2022. Intègre le réseau Midas avec la reprise du centre de Saint-Brévin-les-Pins (44).

2025. Reprend un second centre à Saint Nazaire (44).

 

Cet article est extrait du Journal du Pneumatique n°192 de novembre-décembre 2025.

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