Michelin enregistre des résultats à la baisse pour 2025

Comme il est de coutume à cette période, le fabricant de pneumatiques a publié ses résultats annuels pour le compte de l'exercice 2025. Et ces derniers ne sont pas très encourageants pour Bibendum. Michelin a ainsi vu son bénéfice net chuter pour la troisième fois consécutive, cette fois-ci de l'ordre de 12 % à 1,7 milliard d'euros. Le groupe tricolore a été pénalisé par la baisse de ses volumes de vente, la hausse des droits de douane imposée par Donald Trump aux États-Unis et un euro trop fort.
Son chiffre d'affaires annuel s'est également inscrit en baisse, de 4,4 %, par rapport à 2024, pour s'établir à 26 milliards d'euros, en raison d'un marché du pneu pour véhicules neufs en repli. "En 2025, plusieurs marchés de Michelin ont été fortement affectés par une concurrence exacerbée, par de nouvelles politiques douanières particulièrement instables et par un environnement réglementaire pénalisant, ce qui a pesé sur nos volumes", a souligné le président du groupe Florent Menegaux.
En 2025, la hausse des droits de douane aux États-Unis, où le groupe réalise environ un tiers de son chiffre d'affaires, a pesé environ 230 millions d'euros dans les coûts de l'entreprise. Celle-ci anticipe une charge supplémentaire de 120 millions d'euros en 2026. "Au troisième trimestre, on avait cherché à répercuter ces surcoûts. Le marché ne l'avait pas accepté. On a dû pédaler en retrait pour réajuster notre compétitivité", a rappelé le directeur financier Yves Chapot.
La baisse de l'OE a fait souffrir le groupe
Début avril 2025, les importations aux États-Unis de voitures et de pièces détachées automobiles ont subi une taxe supplémentaire de 25 %, ramenée à 15 % à la fin de l'été. Les variations des taux de change ont coûté 200 millions d'euros au groupe en 2025, dont "presque la moitié" à cause de la baisse du dollar face à la monnaie unique, selon le directeur financier.
Dans ce contexte, contrairement à 2024, Michelin n'a pas su maintenir sa "marge opérationnelle des secteurs", l'indicateur de rentabilité qu'il privilégie, estimée à 10,9 % (12,4 % en 2024) à taux de change constants, en raison du "faible chargement des usines". Son résultat opérationnel des secteurs s'est établi à 2,9 milliards d'euros (-14,7 %).
Cause principale de la baisse du bénéfice, la contraction des volumes de pneus vendus (-4,7 %) provient à "plus de 80 %" du marché de "la première monte (pneus pour véhicules neufs) et plus particulièrement des activités poids lourds et agricole en Amérique du Nord", rapporte l'industriel. Les ventes pour les poids lourds en Amérique du Nord et centrale ont ainsi chuté de 20 %, et ont atteint un niveau "historiquement bas", en raison des "nombreuses incertitudes politiques (remise en cause des réglementations environnementales prévues) et économiques qui ont incité les flottes à retarder leurs investissements dans de nouveaux véhicules".
Une activité hors pneu renforcée
Pour les voitures et deux-roues, les ventes ont progressé de 2 % dans le monde, sauvées par la Chine (+9 %) grâce à "un programme de subventions publiques qui a largement soutenu la demande intérieure". Les pneus pour véhicules miniers affichent en revanche une croissance des volumes d'environ 4 %, "soutenue notamment par le dynamisme de la demande de cuivre et d'or".
Annoncées début 2026, les trois acquisitions d'entreprises américaines dans les secteurs des tissus plastifiés de haute technologie (Cooley Group et Tex Tech) et des joints (Flexitallic) viendront renforcer l'activité "hors pneu" du manufacturier. La part de cette activité au sein du résultat opérationnel des secteurs a augmenté de 22 millions d'euros en 2025 par rapport à 2024.
Malgré cette nouvelle année compliquée, Michelin proposera de verser un dividende stable, à 1,38 euro par action. Fort d'un flux de trésorerie meilleur que prévu, à 2,1 milliards d'euros, Michelin va par ailleurs lancer un nouveau programme de rachat d'actions de deux milliards d'euros sur la période 2026-2028, ce qui envoie "un message de confiance dans l'avenir", a souligné Yves Chapot. En 2026, "les marchés pneumatiques sont anticipés stables", "indépendamment de l'instabilité des règles du commerce international", a estimé le groupe. (Avec AFP)
Sur le même sujet
