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Manufacturiers

Michelin reste prudent mais retrouve ses marges de 2019

Publié le 15 février 2022

Par Romain Baly
3 min de lecture
Le groupe tricolore a retrouvé en 2021 ses niveaux de marge d'avant crise au terme d'un exercice positif. Michelin reste toutefois mesuré dans ses prévisions et prévoit une année 2022 encore instable.
En 2021, Michelin a vu ses ventes progressé de 16,3 % sur un an, à hauteur de 23,795 milliards d'euros. ©Michelin

 

Au cours d'un exercice 2021 marqué à la fois par la crise sanitaire, par la pénurie de semi-conducteurs et par la dérégulation du fret mondial, Michelin a vu ses ventes progresser de 16,3 % sur un an, à 23,795 milliards d'euros, contre 20,469 milliards en 2020 et 24,135 milliards en 2019. Les volumes de pneus ont notamment rebondi (+11,8 %) "dans un contexte de reprise soutenue de la demande sur tous les marchés pneumatiques".

"L'année 2021 a marqué la transition d'un état de choc soudain et d'une économie mondiale soutenue par les États et les banques centrales à un état de possible "new normal", auquel le groupe Michelin a su s'adapter grâce à la force de ses actifs et un engagement constant de ses équipes", a indiqué le groupe clermontois dans un communiqué.

1,2 milliard d'euros de coûts supplémentaires

Les problèmes de logistique, d'approvisionnement, de recrutement, de hausse des coûts des matières première et de l'énergie, ont occasionné "environ 1,2 milliard d'euros de coûts supplémentaires, entièrement compensés par ses efforts de productivité, son pilotage des prix et un enrichissement du mix produit", a précisé Michelin. "Ça démontre la solidité et la résilience du groupe dans un environnement très perturbé", a indiqué à l'AFP le directeur financier du groupe clermontois, Yves Chapot.

Malgré tout, l'année a été compliquée : les ventes de pneus pour voitures neuves ont suivi la chute de leurs volumes mais Michelin "a réussi à redéployer ses capacités pour le marché du remplacement", a souligné Yves Chapot. Le groupe a augmenté de "quelques points" les prix de ses pneus pour compenser les hausses de coûts.

Le désendettement du groupe se poursuit

Au jour le jour, la logistique reste compliquée, gérée par une quinzaine de cellules de crise, sur l'approvisionnement en caoutchouc, ou en noir de carbone, qui renforce le caoutchouc. "On essaie de prendre toutes les mesures pour revenir à un meilleur niveau d'approvisionnement", a encore souligné Yves Chapot. "On avait normalement 18 % de stocks de produits finis en transit. Là on est à 25 %", a-t-il décrit. Le groupe a aussi eu des "difficultés à embaucher, notamment en Amérique du Nord, et donc à produire les volumes attendus par les clients".

Le conseil d'administration a proposé de quasiment doubler le dividende versé sur l'exercice, à 4,50 euros par action, contre 2 euros en 2019 et 2,30 euros en 2020. Ces résultats ont également permis au groupe de continuer à se désendetter, de 742 millions d'euros en 2021, pour un endettement total de moins de 2,8 milliards d'euros.

Un Bibendum de plus en plus vert

L'année 2022 sera "probablement aussi perturbée que 2021", a prévenu le PDG de Michelin Florent Menegaux lundi soir, lors d'une conférence devant les investisseurs. Cependant, et en l'absence de nouveau variant ou de perturbation majeure, Michelin vise un résultat opérationnel supérieur à 3,2 milliards d'euros à parités constantes, en ligne avec des objectifs de 3,5 milliards pour 2023.

A lire aussi : Pneu 100 % recyclé : Michelin boucle la boucle

Le Bibendum a également indiqué qu'il poursuivait le déploiement de ses plans de "simplification et de compétitivité", qui impliquent 2 300 suppressions de postes d'ici 2023, sur 124 760 salariés dans le monde fin 2021.

Sur le plan climatique, le groupe a fait passer sa part d'énergies renouvelables de 13 % en 2019 à 18 % en 2021, avec l'installation de panneaux photovoltaïques sur plusieurs sites et l'achat d'électricité garantie d'origine renouvelable. Le taux de matériaux "durables" dans les pneus a augmenté de 1 % en 2021 pour atteindre 29 %, en ligne avec l'objectif de 40 % en 2030 et 100 % en 2050. (avec AFP)

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