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Manufacturiers

Pour ses 70 ans, le site Michelin de Bourges continue d'évoluer

Publié le 11 novembre 2022

Par Romain Baly
2 min de lecture
Créée en 1952 à Saint-Doulchard, près de Bourges (18), l'usine du manufacturier est aujourd'hui spécialisée dans l'aéronautique. Dès 2023, Michelin va y rapatrier diverses activités, avant d'implanter la start-up AirCaptif.
Sur son site de Saint-Doulchard (18), Michelin compte notamment industrialiser la production de la start-up AirCaptif à partir de 2024. ©Michelin

Il a évolué mais n'a jamais cessé. Le site industriel Michelin de Saint-Doulchard, juste à côté de Bourges (18), fête ses 70 ans. Pour l'occasion, le groupe a organisé une cérémonie en présence des salariés, de responsables de Michelin et d'élus régionaux : François Bonneau (président de la région Centre-Val de Loire), Maurice Barate (préfet du département du Cher) et Richard Boudet (maire de Saint-Doulchard). L'occasion de revenir sur les sept décennies écoulées, mais surtout de parler d'avenir.

De nombreux projets à court terme

Spécialisé dans l'aéronautique (voir plus bas), le site accueillera dès 2023 de nouvelles activités. Ainsi, les ensembles montés pour poids lourds et camionnettes seront transférés du site de Poitiers (86) vers celui de Bourges, ce qui représente une quarantaine d'emplois. L'activité de montage pour le génie civil et agricole, qui était située à Gosselies, en Belgique, sera également déplacée à Saint-Doulchard. Le site se tournera aussi vers l'industrialisation de pneus directionnels pour le métro, ce que fait déjà celui de Clermont-Ferrand (63).

Pour 2024, le groupe prévoit l'implantation industrielle de la start-up AirCaptif, ce qui renforcera la dimension aéronautique du site. Spécialiste de la structure gonflable ultra-légère, AirCaptif a rejoint Michelin il y a un an. La start-up prévoit de doubler ses activités dès 2023. Une nouvelle étape pour Michelin, qui avait déjà équipé Solar Impulse, un avion propulsé par l'énergie solaire, en 2009. Et qui avait lancé, en 2019 avec Safran, le premier pneu connecté pour avion : PresSense.

Lire aussi : Michelin reste en phase avec ses objectifs

"Le site Michelin de Bourges prouve qu'il est possible de maintenir des productions industrielles en Europe et en France, à condition de mettre en place une stratégie très exigeante : se positionner sur des marchés très haut de gamme, excellence d'équipe, intégration dans un écosystème stimulant. L'usine, désormais solidement implantée sur son cœur de métier, l'aéronautique, peut affronter sereinement le développement de ses nouveaux métiers", commente Jean-Christophe Guérin, directeur industriel du groupe Michelin.

Du multi-produits à l'aéronautique

Plus ancien site français du manufacturier avec celui de Clermont-Ferrand (63), l'usine de Saint-Doulchard a d'abord produit de nombreux types de pneus (PL, fourgons de tourisme, motos, engins agricoles, semi-finis…). Dès les années 1980, elle a commencé à se spécialiser dans l'aéronautique, une transformation achevée en 2007. En parallèle, un atelier de rechapage a été installé en 1998. Aujourd'hui, il s'agit du seul site aéronautique du groupe en Europe, et fait figure de fleuron de ses ambitions en la matière.

L'usine comprend un atelier de fabrication de pneumatiques neufs, un atelier de rechapage et un atelier de semi-produits (bourrelets, biais ou nappes radiales). Quelque 130 000 pneumatiques y sont fabriqués chaque année pour l'aviation civile, militaire et d'affaires. Parmi les clients de Michelin : Air France, l'Armée de l'Air et de l'Espace, l'Armée de l'Air américaine, Airbus, Dassault, Lockheed Martin, Boeing, Lufthansa, Easyjet, Emirates, Avioparts, Takhzeen Aerospace…

2022 : l'année du recrutement

L'usine emploie actuellement 578 personnes, dont 103 recrutements en CDI depuis début 2022. 45 autres sont prévus d'ici à la fin de l'année. 20 % des nouveaux arrivés de l'année sont des femmes. Par ailleurs, avec la création de l'École du Pneu en 2020, Michelin veut renforcer la formation de ses nouveaux collaborateurs et développer leur polyvalence. Enfin, le site a fait des changements nécessaires sur un plan énergétique, installant une chaudière biomasse dès 2011. Ses économies d'énergie devraient lui permettre de s'affranchir du gaz d'ici cinq ans, ouvrant la voie vers la neutralité carbone. L'empreinte environnementale du site (eau, énergie, déchets, solvants) a déjà été divisée par deux depuis 2017.

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