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Marché

Shell Helix Ultra Pure Plus : l’huile ultra pure dérivée du gaz

Publié le 7 décembre 2014

Par Jérôme Fondraz
4 min de lecture

Révolutionnaire, la nouvelle huile moteur Shell Helix Ultra Pure Plus l’est à plus d’un titre. Non seulement elle surclasse tous les produits existants en groupe III Premium, mais elle doit l’essentiel de ses qualités à un processus révolutionnaire. Au lieu de dériver du pétrole brut liquide, elle l’est directement à partir de gaz naturel. Une raffinerie géante au Qatar donne à Shell une avance considérable sur la concurrence, les constructeurs ne sont pas insensibles aux avantages qu’elle donne à leurs moteurs dans à peu près tous les domaines...

Efficaces les patrons de Shell ? Certainement. Ils ont pris à temps les bons virages, en quittant le raffinage avant la crise, en réduisant la distribution des carburants et en pariant sur le gaz naturel. On sait qu’il est abondant, bien réparti géographiquement, avec des réserves importantes, mais l’argument massue vient de son prix. Nettement inférieur à celui du brut, il en est déconnecté et ne subit donc pas les yo-yo qui remettent en cause les stratégies les mieux établies. Voilà 40 ans que les 900 chercheurs de Shell à Amsterdam travaillent sur le sujet GTL, gas to liquid, du gaz aux produits liquides, et même s’ils ne sont pas les seuls – toutes les grandes compagnies y travaillent – ils viennent de marquer un point avec leur raffinerie géante GTL « Pearl », située à Ras Laffran, au Qatar. Directement reliée aux gisements off shore par deux pipe line, elle crache à jet continu tous les produits pétroliers, hormis les goudrons, directement à partir du gaz méthane (CH4). En fin de process, on produit plus d’essence et de gas-oil que d’huile de base, mais ce dernier créneau très technique et fort rémunérateur a séduit Shell. Une qualité encore jamais vue et des prix compétitifs ont fait la différence : on a visiblement préféré la marge au volume.

La magie de la chimie

Dans la pétrochimie, partir du gaz représente une énorme différence car les bruts, d’où qu’ils viennent, sont un mélange de très nombreux composés, y compris un bon paquet d’impuretés diverses. Pour obtenir toutes sortes de produits, on casse ces molécules complexes et on les trie en chauffant le brut. A chaque étage de la colonne, on récupère le liquide raffiné, des gas-oils du bas de la colonne aux gaz tout en haut, les « essence » occupant les étages intermédiaires. On avance donc du complexe au simple alors que la démarche GTL, Gas to liquid, s’avère rigoureusement inverse. On part de molécules simples de méthane pour les modifier et les agréger de si nombreuses façons qu’on obtient à l’arrivée tous les produits pétroliers souhaités, des graisses aux carburants les plus légers. Le plus drôle, c’est que l’essentiel du procédé a été inventé vers 1920 par deux chimistes allemands, Fisher et Tropsch, pour transformer le charbon en carburant. L’Allemagne a énormément développé le F.T. pendant la guerre, l’Afrique du Sud aussi depuis 1955, mais le passage au gaz naturel a fait caler Mobil en 1985, les prix des carburants obtenus étant trop chers  ! Shell a poursuivi les recherches et construit, en 1993, une importante raffinerie GTL à Binulu, en Malaisie. Avec 12.000 barils/jours, elle est devenue de facto le « pilote » de la géante Pearl, la plus grande du monde, construite en 2012 avec les Qataris et qui bat tous les records de longueur de tuyauteries et de câbles électriques pour fournir 30.000 barils/jour de produits GTL. Shell reste très discret sur le coût de Pearl GTL – on dit que le devis initial de 6 milliards de dollars aurait presque doublé – mais les experts confirment aussi que ce gigantisme a, en regroupant toutes les étapes au plus près des puits, permis de faire chuter les prix de revient.
C’est particulièrement vrai pour les huiles de base, dernière étape d’un processus qui ajoute, au fur et à mesure des étapes, des maillons à des chaînes moléculaires de plus en plus longues. Au départ, le méthane CH4 est débarrassé du GPL et du gaz éthane. Ensuite, on lui ajoute de l’oxygène pur O2 et l’on chauffe le tout à plus de 1400° : avec de la vapeur d’eau on obtient un premier gaz de synthèse. Lequel, via le procédé Fischer Tropsch et ses catalyseurs au cobalt, va produire un « brut synthétique ». Ce liquide va ensuite subir un hydro-craquage, qui «  casse  » les molécules pour en créer d’autres, plus petites, qu’on recombine entre elles de la façon souhaitée. Une ultime distillation permet de produite 5 grandes catégories de produits GTL aux performances parfaitement définies.

Une huile surdouée

Un process aussi complexe et coûteux n’a pu devenir rentable que grâce au gigantisme de Pearl GTL. Avantage immédiat, avec un gaz comme matière première, on est certain à 99,5 % de n’avoir aucune impureté à l’arrivée, mais l’essentiel réside dans la conduite de la production des molécules. En les créant et les assemblant «  à la demande  », on fait exactement ce qu’on veut pour atteindre le but souhaité. Voilà pourquoi, outre sa pureté absolue, l’huile de base 100 % synthétique Pure Plus dépasse tout ce qui existait auparavant. Ainsi, cette base à très faible viscosité naturelle reste liquide par grand froid, un test à moins 36° le démontrant face à une concurrence tout à fait pâteuse. Avec elle on démarrera mieux par tous les temps, même les plus froids (-56° C), un avantage décisif pour les moteurs équipés d’un start stop multipliant les redémarrages. Elle s’évapore bien moins (tests de volatilité NOACK), diminuant la consommation et espaçant de ce fait les vidanges. Grâce à son excellent pouvoir lubrifiant, elle génère une baisse des frictions et donc de la consommation d’essence (de 1,7 à 3%). Sa formulation synthétique lui permet aussi de mieux résister aux hautes températures, un bienfait en toutes circonstances qu’apprécient déjà les Ferrari en F1  ! C’est aussi un fait avéré pour les moteurs de série modernes, turbocompressés et à haut rendement, prouvé par le test de séquence IIIG par rapport aux huiles de base des groupes II et III (huiles ordinaires et premium). Sur cette base très performante, Shell a greffé sa technologie Active cleaning, un cocktail d’additifs parfaitement au point, notamment pour le nettoyage des moteurs. Eviter le dépôt de boues, décrocher et expulser celles qui auraient pu adhérer aux parois, c’est facile pour la Helix Ultra Pure Plus, les tests de boue Séquence VG avec 0W40 le prouvent de façon officielle.
En résumé, polyvalente, elle lubrifie moteurs essence ou diesel avec une grande variété de viscosités, elle fait mieux et plus longtemps que toutes ses rivales. Déjà lancée sur le marché Français, les ventes ont aussitôt démontré que le mouvement allait s’amplifier. La raison en est que, devant les gains induits par la technologie Pure Plus, les constructeurs veulent en profiter  pour consommer moins : payer une huile un peu plus cher reste nettement plus rapide et économique que de lancer une évolution moteur ! Le premier, BMW, vient de l’adopter  ; la Shell Helix Ultra Pure Plus n’a pas fini de nous étonner...

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