24 Heures du Nürburgring : Dunlop se relance dans la course

La compétition, Dunlop a ça dans le sang. Dès 1923, le manufacturier inaugurait au Mans (72) ce qui allait devenir l'un des endroits les plus emblématiques du sport automobile. Si la célèbre passerelle a depuis changé de main en passant sous l'égide de Goodyear, l'amour de la marque pour la course, lui, ne s'est pas éteint, bien au contraire.
Preuve en est : pour la 54e édition des 24 Heures du Nürburgring, Dunlop a franchi un cap inédit en engageant pour la première fois sa propre voiture, une Porsche 911 GT3 R portant le n°17 – clin d'œil à la Porsche 962, deuxième de l'édition 1988 des 24 Heures du Mans avec des pneus Dunlop.
Une maison, deux drapeaux
La marque n'était d'ailleurs pas seule sur la grille : Falken, autre filiale du groupe Sumitomo, alignait elle aussi une Porsche 911 GT3 R. Deux voitures, deux identités, mais une seule maison, le reflet d'une stratégie assumée où Dunlop occupe le segment premium et Falken le milieu de gamme.
Une ambition incarnée dès janvier 2025 par le rachat à Goodyear des droits exclusifs de la marque Dunlop, avant que Falken Tyre Europe ne devienne Dunlop Tyre Europe en mars 2026. Au-delà du changement de nom, la marque britannique cherche avant tout à s'imposer comme une marque premium à part entière.
Et pour le démontrer, elle a choisi le terrain le plus exigeant qui soit. Avec ses 25 km, ses conditions météo imprévisibles ainsi que ses portions étroites, la Nordschleife constitue le cadre idéal pour prouver la valeur de ses pneumatiques.
La Nordschleife, laboratoire à ciel ouvert
Durant le week-end, Dunlop a notamment pu mettre en avant le Sensing Core, l'une des technologies développées par Sumitomo. Sans aucun capteur physique embarqué, ce système collecte en temps réel des données sur la pression, l'usure et l'état du pneu, transformant la gomme elle-même en véritable outil de mesure.
Si le manufacturier souligne que cette innovation ne se concentre pas sur la performance, elle offre à l'inverse plus de fiabilité et de sécurité. "Ça rend la vie plus facile aux ingénieurs", explique Stefanie Olbertz, directrice sportive chez Dunlop.
En effet, ils peuvent désormais analyser plus rapidement les pneumatiques et détecter facilement les potentiels problèmes tels que les crevaisons. "Ça nous a déjà protégé une ou deux fois en identifiant des défauts", déclare Stefanie Olbertz.
Malgré un double abandon, Dunlop ne retient pas le classement de ce week-end, mais ce qu'il représente : un point de départ. "Le Nürburgring, c'est le commencement pour Dunlop", affirme-t-elle. Le manufacturier reste d'ailleurs ouvert à explorer de nouvelles disciplines.
C'est dans cet esprit que Dunlop participe déjà au championnat italien de rallye aux côtés d'Heikki Kovalainen, ex-pilote de Formule 1. La marque envisage aussi de revenir là où son histoire dans le motorsport a commencé. "On est en train de réfléchir à revenir au Mans. Ça pourrait être un objectif dans le futur", conclut la directrice sportive.
