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Marché

Pouvoir d’achat et pression concurrentielle redessinent les prix du pneu

Publié le 23 février 2026

Par Romain Baly
2 min de lecture
Après plusieurs années de forte inflation, le marché français du pneumatique est entré en 2025 dans une phase de stabilisation. Si les prix moyens demeurent élevés, la dynamique haussière s’essouffle. Le boom de certains segments, tels que le budget ou le toutes saisons, établit de nouveaux standards.
Si un pneu TC4 coûtait en moyenne 114 euros en France en 2025, les tendances diffèrent en fonction des produits, des marques ou des saisons, contribuant à redessiner le marché. ©AdobeStock-Fxquadro

En 2025, les prix moyens du marché français du pneumatique TC4 (tourisme, 4x4 SUV et camionnette) se sont élevés à 114 euros TTC, en légère hausse de 1 % comparé à 2024, selon les relevés du Syndicat du Pneu (SdP) et de GfK.

Un petit point en forme de bonne nouvelle pour les consommateurs. Car après plusieurs années de forte inflation liée à l'augmentation des coûts des matières premières, de l’énergie et de la logistique, le cycle haussier semble avoir désormais atteint un plateau. La dynamique prix ralentit nettement et certains segments amorcent même une correction.

Le segment tourisme, cœur du marché, affiche un prix moyen de 107 euros (+1 %). Il reste toutefois sous pression, à la fois en volume et en valeur, dans un contexte d’arbitrages budgétaires des ménages et de montée des marques d’entrée de gamme.

Le segment 4x4-SUV demeure le plus onéreux (173 euros) mais enregistre une baisse de 2,2 % sur un an, signe d’une saturation tarifaire après plusieurs années de forte valorisation. Enfin, le segment camionnette, à 140 euros (-0,5 %), évolue plus modérément.

Des SUV coûteux à équiper

Par ailleurs, l’écart entre certains types de produits reste marqué : un pneu SUV vaut ainsi en moyenne 62 % plus cher qu’un pneu tourisme. Un gap souvent mal appréhendé par les automobilistes. Car si les SUV s'octroient une part toujours plus importante au sein du parc roulant, leurs contraintes (dont le poids) obligent à avoir recours à des enveloppes plus grandes, plus techniques, et donc plus chères. Or, comme le relève le SdP, une fois le premier cycle de vie des pneus passé, les utilisateurs optent régulièrement pour une offre medium ou budget.

Par niveau de marque cette fois, la polarisation du marché s’accentue. En tourisme, le premium atteint 133 euros, contre 61 euros pour le budget. Un écart encore plus important est observé sur le segment des SUV, les premiers coûtant en moyenne 196 euros et les seconds 112 euros.

Par ailleurs, durant la période inflationniste, les marques premium et quality ainsi que les MDD ont continué à augmenter leurs prix, tandis que celles budget se sont stabilisées. Cette tendance favorise la croissance de ces produits en volume et justifie aussi la sensibilité accrue des consommateurs à leur égard.

Le toutes saisons passe en dessous de l'été

L’analyse par saison confirme les transformations structurelles du marché. Le pneu hiver reste le plus cher (139 euros), tandis que le toutes saisons affiche un prix maîtrisé 103 euros. Cette technologie, qui pèse désormais plus de 40 % des ventes totales dans l'Hexagone, a vu son prix moyen passer en 2025 sous celui de l'été (105 euros).

Alors que la praticité des toutes saisons est un élément crucial de leur succès, l'élargissement de l'offre à des marques medium ou d'entrée de gamme et la baisse des tarifs qui en découlent constituent une autre explication.

En valeur, le niveau de prix encore élevé amortit partiellement la baisse des volumes. Toutefois, le ralentissement de la croissance du chiffre d’affaires (-1,7 %) indique que le levier prix s’épuise. Après une phase où la valeur compensait le recul des ventes, le marché entre dans une phase de normalisation.

Au final, tous ces enseignements marquent un tournant pour le marché du pneu en France.

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