S'abonner
Distribution

BestDrive : après le rachat, Xellent Service face à un vaste chantier

Publié le 15 juin 2026

Par Romain Baly
3 min de lecture
Depuis le 1er juin 2026, les 130 centres appartenant à BestDrive France ont officiellement rejoint ASC Investment. Pour chapeauter cet ensemble désormais franchisé à l'enseigne du groupe Continental, le fonds d'investissement allemand a créé la structure Xellent Service et placé à sa tête Stéphane Drouillard. Transfuge d'Emil Frey France, ce dernier nous dévoile les premières lignes de sa feuille de route.
Pour incarner le nouveau projet et guider le développement de ses 130 centres désormais franchisés BestDrive, ASC Investment a choisi de confier la présidence de sa filiale Xellent Service à Stéphane Drouillard (ex-Emil Frey France). ©Yves Colas

Six mois après le début des négociations, la reprise des centres intégrés de BestDrive France est désormais finalisée. Continental et ASC Investment ont confirmé la nouvelle le 1er juin 2026. Les 130 sites et 1 200 salariés concernés par ce deal rejoignent ainsi le fonds d'investissement basé à Munich (Allemagne) et intègrent une organisation nouvellement créée. Xellent Service se voit en effet confier la gestion de cet ensemble qui représente logiquement le plus gros franchisé du réseau.

Un nouveau patron pour un nouveau départ

À sa tête, ASC a choisi de miser sur un professionnel expérimenté. Force vive du groupe Emil Frey France depuis sept ans en tant que directeur des enseignes Flauraud et Barrault, Stéphane Drouillard a été nommé président de Xellent Service. Secondé par un directeur général en charge de la transformation, Frédéric Duprat, le dirigeant vient ainsi répondre aux interrogations sur le manque d'expérience d'ASC dans l'après-vente et le pneumatique en tant que véritable "homme métier".

"Je représente les intérêts de l'actionnaire mais j'incarne effectivement aussi ce rôle compte tenu de mon expérience passée, confirme-t-il. À titre personnel, c'est une formidable aventure qui s'ouvre avec un projet passionnant." Gage à lui désormais de dérouler avec succès la feuille de route fixée par ASC. Sans entrer dans les détails et promettant de dévoiler tous les contours de la stratégie début 2027, Stéphane Drouillard parle du moment présent comme "d'une période d'observation".

L'agilité comme priorité

Ce qui n'empêche pas d'avoir déjà certaines convictions. "En s'appuyant sur Continental, BestDrive a pu compter sur une belle image et sur un rayonnement conséquent. Cependant, le réseau a également toujours cultivé une forme d'instabilité tout en restant enfermé dans la lourdeur d'un manufacturier pour prendre réellement son envol. Il faut désormais que les 130 centres que nous représentons prennent une nouvelle dimension."

Dans le discours du dirigeant, un mot revient ainsi régulièrement. Pour Stéphane Drouillard, l'agilité s'avère au cœur de la réussite future de Xellent Service. "Il faut miser sur des circuits de décision courts et gagner du temps, car l'entreprise perd de l'argent au quotidien." Un problème colossal, qui se compte en dizaines de millions d'euros, et en bonne partie imputable à une identité sur ce marché très concurrencé toujours mal définie plus de dix ans après le lancement de l'enseigne ainsi qu'à un modèle économique qui n'a jamais été réellement trouvé.

Une équation à plusieurs inconnues

Bien qu'il n'en dise rien, Stéphane Drouillard est certainement au fait de tout cela, tout comme la direction d'ASC. Mais le fonds allemand, à défaut de maîtriser la rechange tricolore, est un spécialiste des opérations de ce type dites de spin-off. Jusqu'où ira-t-il pour réussir son pari de redresser la barre ? Mystère. Dans une enquête publiée fin 2025, nous révélions qu'une cinquantaine de sites étaient dans le rouge en affichant des pertes chroniques depuis des années. Une restructuration est-elle à prévoir ? Là encore, Stéphane Drouillard nous renvoie à début 2027.

Ce que le dirigeant peut d'ores et déjà assurer, c'est que Xellent Service compte toujours s'appuyer sur Continental dans le futur. Premièrement en vertu d'un accord contractuel "de longue durée" et deuxièmement sur le plan de l'animation, l'entité d'ASC se plaçant de facto dans la peau d'un franchisé lambda malgré sa taille XXL. "On veut rester le plus proche possible de Continental", confirme le président.

Quel avenir pour les usines de rechapage ?

Dans cette vaste équation, demeure toutefois un autre point d'interrogation. Le deal entre Continental et ASC prévoyait le rachat des 130 centres intégrés mais aussi des deux usines de rechapage du groupe allemand situées à Colmar (68) et Bayeux (14). Un "package" difficile à comprendre et à analyser en amont, et toujours autant aujourd'hui. Sur l'avenir de ces sites industriels, Stéphane Drouillard botte en touche. "Je ne sais pas quoi vous répondre. Encore une fois, on est dans une période d'observation."

"Le rechapage est un métier très spécifique, très technique, mais aussi très compliqué, développe-t-il. La mondialisation du marché pneumatique complexifie l'équilibre de cette activité. Cependant, dans ma précédente mission, j'ai eu l'occasion de voir que ça pouvait fonctionner et être rentable, alors pourquoi pas chez nous ?" C'est en effet sous sa direction qu'Emil Frey France a acquis la société Kertrucks, elle-même à la tête du rechapeur breton Soreval depuis 2023. Sur ce sujet comme sur l'ensemble de la stratégie de Xellent Service, il faudra donc attendre encore pour y voir plus clair.

Vous devez activer le javacript et la gestion des cookies pour bénéficier de toutes les fonctionnalités.
Partager : 

Sur le même sujet

cross-circle