Continental et Renault font du pneu un atout pour l’électrique

Gagner de l’autonomie sans toucher à la batterie : c’est tout l’enjeu du partenariat entre Continental et Renault. Avec le constructeur français, le manufacturier a développé un pneu haute performance à très faible résistance au roulement. Selon Continental, ce pneu ne se contente pas d'entrer dans la catégorie A de l'étiquetage européen : sa résistance au roulement serait jusqu'à 35 % inférieure au seuil requis pour obtenir cette meilleure note.
Pour un véhicule disposant d’une autonomie initiale de 500 km, le gain annoncé représente environ 30 km supplémentaires à chaque charge. Soit, selon Continental, l'équivalent d'un trajet Paris-Versailles. Le pneumatique a été présenté le 8 juin 2026 à Guyancourt, en région parisienne, lors du Sustainability Tour organisé par Renault.
Un pneu né de l’EcoContact 7
Pour aller chercher ces kilomètres supplémentaires, Continental n'est pas parti d'une feuille blanche. Le manufacturier s'est appuyé sur son EcoContact 7, ensuite adapté aux besoins précis du constructeur français. La gomme, le flanc et la construction du pneu ont été retravaillés. Continental ne dévoile pas davantage la recette technique, mais présente ce développement comme un pneumatique conçu sur mesure pour les futurs véhicules électriques de Renault.
"En collaboration avec le groupe Renault, nous œuvrons à améliorer l'efficience de ses nouveaux véhicules électriques. Nos pneumatiques développés sur mesure affichent une résistance au roulement très faible, ce qui permet d'accroître considérablement l'autonomie", souligne Christian Strübel, expert Continental en matière de résistance au roulement des pneumatiques automobiles.
Ce travail s'inscrit dans un partenariat plus large, puisque Continental devient aussi partenaire technique du Garage Futurama, la plateforme d'innovation de Renault, issue de son plan stratégique futuREady.
La résistance au roulement, nerf de la guerre
Selon Continental, la résistance au roulement représente entre 20 et 30 % de la consommation d’énergie d’un véhicule, quelle que soit sa motorisation. Plus elle est faible, moins le véhicule perd d'énergie en roulant.
"Une résistance au roulement extrêmement faible est essentielle pour maximiser l'autonomie des véhicules électriques. Avec Continental, nous bénéficions d'un partenaire solide à nos côtés : grâce à notre collaboration de longue date dans le domaine de la première monte, nous sommes en mesure de développer conjointement des solutions susceptibles d'apporter une réelle valeur ajoutée à nos clients", précise Nicolas Champetier, vice-président innovation du groupe Renault.
Sur un véhicule électrique, cette donnée pèse directement sur l’autonomie. C’est donc un levier important pour les constructeurs, qui cherchent à optimiser chaque poste de consommation sans forcément augmenter la taille des batteries.
Moins de pneus d’essai grâce aux simulateurs
Pour développer ce pneumatique, Continental et Renault ont aussi misé sur les essais virtuels. Le manufacturier a utilisé son simulateur Driver-in-the-Loop, qui permet d’évaluer les caractéristiques des pneus dans des conditions de conduite réalistes, dès les premières étapes du projet.
Renault a également intégré son simulateur de conduite Roads au processus. Celui-ci reproduit des conditions de conduite réelles et permet de répéter les essais dans un environnement virtuel.
En combinant ces deux outils, les équipes ont pu accélérer les cycles de développement et réduire le nombre de pneus physiques nécessaires aux essais. Continental indique économiser jusqu’à 10 000 pneus d’essai par an grâce à l’utilisation de ces technologies virtuelles.
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