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Manufacturiers

L’État italien veut encore réduire l'influence du principal actionnaire de Pirelli

Publié le 13 janvier 2026

Par Romain Baly
2 min de lecture
En conflit depuis plusieurs années, le gouvernement de Giorgia Meloni et Sinochem continuent de s'affronter. Aujourd'hui, l'exécutif transalpin souhaite voir le principal actionnaire de Pirelli réduire encore davantage son influence alors que le conglomérat chinois possède 34 % du groupe.
Engagé à voir Sinochem réduire son influence sur Pirelli, le gouvernement italien espère boucler ce dossier d'ici la fin du mois de janvier 2026. ©Pirelli

La pression s'accentue du côté de Milan. Dans la capitale lombarde au siège de Pirelli comme à Rome dans les arcanes du pouvoir, les tractations vont bon train pour redéfinir l'organisation du fabricant de pneumatiques. En conflit depuis près de trois ans, le gouvernement de Giorgia Meloni et Sinochem ne sont clairement plus sur la même longueur d'ondes. L'exécutif transalpin travaille ainsi depuis 2023 à réduire l'influence du conglomérat chinois, principal actionnaire du manufacturier.

Si les inquiétudes de Rome portaient à l'époque sur un pacte noué entre Sinochem et la holding Camfin de Marco Tronchetti Provera, le point d'achoppement concerne désormais un autre sujet. Au printemps 2025, Pirelli avait été directement visé par l'interdiction de la vente aux États-Unis de véhicules connectés dotés de logiciels ou d'équipements intégrant de la technologie chinoise ou russe. Avec ses pneus connectés dotés de capteurs transmettant des informations au conducteur, le groupe ne pouvait donc pas échapper à cette mesure.

Un dénouement espéré pour la fin janvier

Poussé par l’État, le conseil d'administration avait alors entamé une réflexion pour redéfinir les équilibres au sein du manufacturier avec deux options sur la table : voir Sinochem réduire sa participation évaluée à 34 % ou carrément contraindre celui-ci à sortir du tour de table. Si cette seconde option a les faveurs du gouvernement, qui envisage par ailleurs un gel des droits de vote du chinois en ayant recours à son "golden power" lui conférant des pouvoirs spéciaux dans des secteurs considérés comme stratégiques, Sinochem a mandaté une banque pour évaluer ses alternatives.

C'est en effet au groupe BNP Paribas que revient le soin de tester le marché alors qu'aucune des deux options n'est exclue. Pour le Financial Times, les autorités italiennes sont décidées à accélérer la manœuvre et espèrent que le nouveau tour de table de Pirelli soit finalisé d'ici la fin janvier. Pour la direction du manufacturier tout autant que pour les autorités, ce dossier s'avère d'autant plus capital qu'il conditionne le bon développement de Pirelli aux États-Unis, un marché qui pèse 20 % de ses ventes. (Avec Reuters)

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