Usine Goodyear d’Amiens : symbole de la réindustrialisation défendue par Emmanuel Macron

L'usine Goodyear d'Amiens-Sud poursuit sa transformation. Quatre ans après le lancement d'un important programme de modernisation, le site picard était au cœur du déplacement d'Emmanuel Macron. Le chef de l'État a mis en avant les résultats obtenus grâce aux 148 millions d'euros investis depuis 2022, dont 44 millions d'euros de subventions publiques.
Selon Pierre-Jean Eraud, président de Goodyear France, ces investissements ont permis de préserver les quelque 800 emplois du site et d'engager le recrutement d'une centaine de salariés supplémentaires. Pour le président de la République, l'usine constitue une "parfaite illustration" de la réindustrialisation engagée en France et démontre "qu'il n'y a pas de fatalité" au déclin industriel.
Une usine modernisée pour gagner en compétitivité
Le programme lancé en 2022 vise à renforcer la compétitivité du site amiénois. Les investissements ont permis d'intégrer de nouvelles technologies, d'accélérer l'automatisation des installations et de développer des outils numériques destinés à améliorer la production. L'objectif est également d'orienter davantage l'usine vers la fabrication de pneumatiques premium à plus forte valeur ajoutée.
Depuis 1958, Amiens fabrique des pneumatiques pour voitures de tourisme qui sont destinés à être vendus à l'échelle mondiale en première monte et en remplacement. La campagne de recrutement actuellement en cours concerne aussi bien des opérateurs de production que des profils plus qualifiés, notamment dans les domaines techniques et de l'ingénierie.
Une concurrence internationale toujours au cœur des préoccupations
Au-delà du cas Goodyear, Emmanuel Macron a profité de cette visite dans sa ville natale pour appeler l'Union européenne à mieux protéger son industrie. Le président a dénoncé "une concurrence déloyale" venant notamment de Chine et plaidé pour des mesures européennes plus fermes, telles que des clauses de sauvegarde ou des droits de douane adaptés. "Ce n'est pas du protectionnisme, c'est de la juste protection", a-t-il affirmé.
Cette vision a toutefois été nuancée par le député de la Somme François Ruffin. Présent sur place, l'élu a rappelé que plusieurs entreprises régionales demeuraient en difficulté malgré les investissements publics consentis ces dernières années. Il a notamment cité le cas d'Ynsect, société spécialisée dans les protéines d'insectes, liquidée en dépit d'importantes aides publiques.
Douze ans après la fermeture du site Goodyear d'Amiens-Nord et ses 1 143 suppressions d'emplois, l'usine d'Amiens-Sud apparaît aujourd'hui comme l'un des principaux exemples de redynamisation industrielle dans la région. Reste à savoir si cette transformation permettra au site de renforcer durablement sa place dans l'industrie européenne du pneumatique.
Par Lucie Boudhane
