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Distribution

La liste des accusations s'allonge contre Centrale Pneus en démêlés avec la justice

Publié le 1 juin 2026

Par Romain Baly
4 min de lecture
AD Tyres International, maison mère de la plateforme e-commerce, est convoquée devant le tribunal correctionnel de Paris, le 25 juin 2026. Déjà poursuivie pour avoir fait l'impasse sur l'écocontribution, la société et son dirigeant Hugo Lacasse devront cette fois-ci s'expliquer dans le cadre d'une série d'accusations encore plus vaste. A la suite de cet article, le dirigeant et ses conseillers nous ont fait parvenir un droit de réponse à retrouver ici. 
Connue en France pour exploiter les plateformes e-commerce Centrale Pneus, Maxityre et Distriauto, la société AD Tyres International a rendez-vous avec la justice française le 25 juin 2026. ©AdobeStock-david_franklin

Maison mère des plateformes e-commerce Centrale Pneus, Maxityre (pneus en BtoB) et Distriauto (pièces détachées), AD Tyres International a rendez-vous avec la justice. Le 25 juin prochain, la société est attendue devant le tribunal correctionnel de Paris pour répondre de plusieurs accusations. La structure est visée pour "escroquerie à la TVA en bande organisée" et "blanchiment en bande organisée de biens ou de fonds provenant d'un délit de fraude fiscale aggravée".

Son dirigeant, Hugo Lacasse, devra répondre de ces mêmes faits ainsi que de ceux de "pratique commerciale trompeuse", "organisation frauduleuse d'insolvabilité par débiteur pour échapper à une condamnation de nature patrimoniale", "subordination de témoin(s)" et "abus de biens ou du crédit d'une société par le liquidateur". Ce dernier est également placé sous le statut de témoin assisté pour "tentative d'escroquerie au jugement".

Un feuilleton judiciaire au long cours

Dans son édition de juin 2026, le magazine Que Choisir revient sur le parcours judiciaire tortueux d'AD Tyres International. Attaquée en 2013 par Allopneus pour contrefaçon et concurrence déloyale, l'ancienne maison mère de Centrale Pneus, CP Reifen, avait été condamnée à verser à la filiale de Michelin 400 000 euros de dommages et intérêts. Une somme qui n'a jamais été versée alors que CP Reifen avait été placée en liquidation.

Centrale Pneus avait attaqué en retour Allopneus, demandant la désactivation de la plateforme et lui réclamant 20 millions d'euros de dommages et intérêts, ce que le tribunal de commerce d'Évry (91) avait rejeté. En 2019, la société a également perdu une procédure contre l'administration fiscale française, qui l'accusait notamment de "fraude à la TVA", mais la justice a poursuivi ses investigations, ce qui a abouti à cette prochaine convocation.

L'écocontribution au cœur d'une autre bataille

Habitué des prétoires, l'e-commerçant est en outre visé par une autre procédure de grande ampleur. Le 16 février 2026, le tribunal des activités économiques de Paris a donné raison à Aliapur et France Recyclage Pneumatique (FRP) ainsi qu'au Syndicat du Pneu dans un litige qui les oppose à AD Tyres International. Les plaignants estiment que Centrale Pneus doit s'acquitter de l'écocontribution, qui permet de financer la collecte et le recyclage des enveloppes usagées, ce que la justice a confirmé.

La société d'Hugo Lacasse se défend quant à elle et explique pouvoir s'en exonérer puisque son siège est basé dans la principauté d'Andorre, soit en dehors de l'Union européenne, alors que ses plateformes logistiques sont localisées en Allemagne et en Belgique. Pour la justice, s'adressant au marché français, Centrale Pneus doit être considérée comme un "producteur" de déchets et doit donc se plier au paiement de l'écocontribution.

Un nouveau procès en perspective

Dès lors, l'e-commerçant, qui a fait appel de cette décision, doit communiquer aux autorités judiciaires ses volumes de ventes pour les exercices 2023 et 2024 de sorte que soient calculées les sommes dont il devra s'acquitter. Un nouveau procès devrait ainsi se tenir dans quelques mois.

Malgré ses multiples démêlés avec la justice, AD Tyres International poursuit sa progression. Fort d'une présence dans 28 pays européens, la société a commercialisé en 2025 près de huit millions de pneumatiques. A ce stade des procédures, AD Tyres International et son dirigeant sont présumés innocents.

 

 

Droit de réponse à l’article intitulé :

« La liste des accusations s'allonge contre Centrale Pneus en démêlés avec la justice »

https://journaldupneu.com/distribution/la-liste-des-accusations-sallonge-contre-centrale-pneus-en-demeles-avec-la-justice/

"Il est prétendu que AD TYRES aurait prochainement « rendez-vous » devant le tribunal correctionnel de Paris « pour répondre de plusieurs accusations » avec la circonstance aggravante de commission en bande organisée laquelle a en réalité été totalement abandonnée dans l’ordonnance de renvoi.

Outre cette première allégation matériellement erronée, il est soutenu que « son dirigeant » aurait été « placé sous le statut de témoin assisté » pour « tentative d’escroquerie au jugement » alors que celui-ci a bénéficié d’un non-lieu selon ordonnance du 12 mars 2026.

Par ailleurs, l’article prétend revenir sur le « parcours judiciaire tortueux d’AD Tyres International » en se référant à une affaire l’ayant opposée à la société ALLOPNEUS alors pourtant que la Cour d’appel de Paris a, par arrêt définitif du 5 juillet 2019, rejeté toutes les demandes de la société ALLOPNEUS dirigées contre la société AD TYRES.

De même, il est soutenu qu’en 2019, la société aurait « perdu une procédure contre l’administration fiscale française, qui l’accusait notamment de fraude à la TVA ». Outre le fait que ce prétendu rappel factuel occulte l’arrêt définitif rendu par la cour d’appel de Toulouse le 6 juillet 2018 qui a notamment annulé des opérations de saisies dans cette même affaire, rappelons que l’administration fiscale ne reprochait nullement à la société une prétendue « fraude à la TVA » et que la société AD TYRES n’était pas visée par la requête de l’administration fiscale.

S’agissant du sujet de l’écocontribution, AD Tyres rappelle qu’elle a fait l’objet d’un contrôle du Ministère français de l’écologie en 2025 sur sa conformité à cette législation, lequel contrôle n’a abouti à aucune sanction à son encontre. Il suffit d’ailleurs de se référer d’une part, aux dispositions de l’article L. 541-9-8 du Code de l’environnement qui prévoient que « les sanctions administratives » « sont rendues publiques » et d’autre part, au site internet du Ministère de la Transition Écologique, confirmant définitivement l’absence de toute sanction prise à l’encontre de la société AD TYRES. En dépit de cette position claire, Aliapur, FRP et le Syndicat du Pneu ont fait le choix de se reporter sur les juridictions judiciaires.

Contrairement à ce qui est allégué, le tribunal des activités économiques de Paris n’a pas considéré que Centrale Pneus était « producteur » sur la base du fait qu’elle s’adresserait au marché français. Le tribunal a qualifié à tort le site Centrale Pneus de plateforme d’intermédiation pour le compte de tiers au sens de l’article L. 541-10-9 du Code de l’environnement qui soumet de tels services à l’écocontribution. Or, le site Centrale Pneus ne met pas en relation des acheteurs et des vendeurs mais commercialise directement les produits d’AD Tyres à sa propre clientèle. C’est la raison pour laquelle AD Tyres a interjeté appel de ce jugement devant la cour d’appel de Paris. La procédure est actuellement pendante et aucune conclusion définitive ne peut être judicieusement tirée de ce litige toujours en cours.

En outre, la défense d’AD Tyres n’est pas de dire qu’elle s’exonère de l’éco-contribution parce que son siège est en dehors de l’UE mais soutient plus précisément que la législation sur l’éco-contribution n’a pas de portée extraterritoriale en l’absence de clause d’extraterritorialité dans la directive déchet 2008/98/CE. Surtout, sa défense consiste à démontrer qu’elle n’entre dans aucune des catégories de « producteur » listées par les articles L. 541-10 et R. 543-137 IV du Code de l’environnement.

En particulier, ces dispositions soumettent les importateurs ou les prestataires de service de montage à l’exclusion des exportateurs étrangers et ce, conformément aux principes de la directive déchet 2008/98/CE. Depuis une dizaine d’années, AD Tyres a fait l’objet de contrôles sur l’écocontribution dans de nombreux États européens. Ces contrôles n’ont abouti à aucune sanction."

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