La liste des accusations s'allonge contre Centrale Pneus en démêlés avec la justice

Maison mère des plateformes e-commerce Centrale Pneus, Maxityre (pneus en BtoB) et Distriauto (pièces détachées), AD Tyres International a rendez-vous avec la justice. Le 25 juin prochain, la société est attendue devant le tribunal correctionnel de Paris pour répondre de plusieurs accusations. La structure est visée pour "escroquerie à la TVA en bande organisée" et "blanchiment en bande organisée de biens ou de fonds provenant d'un délit de fraude fiscale aggravée".
Son dirigeant, Hugo Lacasse, devra répondre de ces mêmes faits ainsi que de ceux de "pratique commerciale trompeuse", "organisation frauduleuse d'insolvabilité par débiteur pour échapper à une condamnation de nature patrimoniale", "subordination de témoin(s)" et "abus de biens ou du crédit d'une société par le liquidateur". Ce dernier est également placé sous le statut de témoin assisté pour "tentative d'escroquerie au jugement".
Un feuilleton judiciaire au long cours
Dans son édition de juin 2026, le magazine Que Choisir revient sur le parcours judiciaire tortueux d'AD Tyres International. Attaquée en 2013 par Allopneus pour contrefaçon et concurrence déloyale, l'ancienne maison mère de Centrale Pneus, CP Reifen, avait été condamnée à verser à la filiale de Michelin 400 000 euros de dommages et intérêts. Une somme qui n'a jamais été versée alors que CP Reifen avait été placée en liquidation.
Centrale Pneus avait attaqué en retour Allopneus, demandant la désactivation de la plateforme et lui réclamant 20 millions d'euros de dommages et intérêts, ce que le tribunal de commerce d'Évry (91) avait rejeté. En 2019, la société a également perdu une procédure contre l'administration fiscale française, qui l'accusait notamment de "fraude à la TVA", mais la justice a poursuivi ses investigations, ce qui a abouti à cette prochaine convocation.
L'écocontribution au cœur d'une autre bataille
Habitué des prétoires, l'e-commerçant est en outre visé par une autre procédure de grande ampleur. Le 16 février 2026, le tribunal des activités économiques de Paris a donné raison à Aliapur et France Recyclage Pneumatique (FRP) ainsi qu'au Syndicat du Pneu dans un litige qui les oppose à AD Tyres International. Les plaignants estiment que Centrale Pneus doit s'acquitter de l'écocontribution, qui permet de financer la collecte et le recyclage des enveloppes usagées, ce que la justice a confirmé.
La société d'Hugo Lacasse se défend quant à elle et explique pouvoir s'en exonérer puisque son siège est basé dans la principauté d'Andorre, soit en dehors de l'Union européenne, alors que ses plateformes logistiques sont localisées en Allemagne et en Belgique. Pour la justice, s'adressant au marché français, Centrale Pneus doit être considérée comme un "producteur" de déchets et doit donc se plier au paiement de l'écocontribution.
Un nouveau procès en perspective
Dès lors, l'e-commerçant, qui a fait appel de cette décision, doit communiquer aux autorités judiciaires ses volumes de ventes pour les exercices 2023 et 2024 de sorte que soient calculées les sommes dont il devra s'acquitter. Un nouveau procès devrait ainsi se tenir dans quelques mois.
Malgré ses multiples démêlés avec la justice, AD Tyres International poursuit sa progression. Fort d'une présence dans 28 pays européens, la société a commercialisé en 2025 près de huit millions de pneumatiques.
Sur le même sujet
