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Manufacturiers

Pirelli change de patron

Publié le 23 août 2023

Par Romain Baly
2 min de lecture
Mis sous pression par le gouvernement transalpin, Marco Tronchetti Provera cède les commandes de Pirelli à Andrea Casaluci. Mais celui qui officiait à la tête du manufacturier depuis 1992 ne quitte pas le navire pour autant puisqu'il occupe désormais le poste de vice-président exécutif.
Andrea Casaluci occupait dernièrement le poste de directeur général des opérations. ©Pirelli

Voilà une décision censée apaiser les tensions. Les actionnaires de Pirelli ont approuvé lundi 31 juillet 2023 la nomination d'un nouveau PDG. Il s'agit en l'occurrence d'Andrea Casaluci qui occupait jusqu'ici la direction générale des opérations du groupe milanais. Il succède à ce poste à Marco Tronchetti Provera, aux commandes de Pirelli depuis 1992 et désormais vice-président exécutif.

Si son départ intervient dans le sillage de l'intervention du gouvernement de Giorgia Meloni qui a limité l'emprise de l'actionnaire principal chinois sur le géant italien des pneumatiques, son influence restera très forte. Le conglomérat public chinois Sinochem, premier actionnaire de Pirelli avec 37 % du capital, est lié par un pacte au deuxième investisseur. Celui-ci n'est autre que la holding Camfin de Marco Tronchetti Provera, qui détient une part de 14,1 %.

Sous pavillon chinois depuis 2015

Les douze membres du nouveau conseil d'administration proposés par Sinochem et Camfin ont été élus par 83,82 % du capital représenté à l'assemblée générale des actionnaires, indique le groupe dans un communiqué. Trois autres candidats figurant sur une liste minoritaire d'un groupe d'actionnaires détenant 1,33 % du capital ont recueilli 16,05 % des voix, et intègrent également le conseil d'administration, qui restera en place jusqu'en 2025.

Pirelli était passé en 2015 sous pavillon chinois à l'issue d'une transaction évaluant le groupe à 7,1 milliards d'euros. Une opération qui avait suscité en Italie de fortes inquiétudes sur l'indépendance du groupe milanais.

Une influence toujours importante

Rome a adopté en juin un décret visant à réduire l'influence de Sinochem au sein du fabricant de pneus italien, sans toutefois le forcer à vendre sa participation. Le gouvernement italien a ainsi eu recours au "golden power", qui lui confère des pouvoirs spéciaux dans des secteurs considérés comme stratégiques pour le pays.

La holding Camfin s'est vu attribuer le droit de proposer le PDG et de désigner quatre des quinze membres du conseil d'administration. Pour toutes les décisions concernant les "actifs d'importance stratégique" du groupe et la nomination de ses dirigeants, la proposition sera réservée au PDG. L'actionnaire chinois a été prié de "garantir à Pirelli une pleine autonomie dans la gestion des relations avec les clients et les fournisseurs". Il lui a également été demandé de faire en sorte que la société italienne "ne soit pas soumise aux instructions du groupe Sinochem". (avec AFP)

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