Rechapage : Michelin absorbe Pneu Laurent

Michelin poursuit sa réorganisation dans le rechapage poids lourd. Le groupe clermontois a officialisé l’intégration complète de Pneu Laurent, dont le site d’Avallon (Yonne) deviendra une usine Michelin à compter du 1er janvier 2027. L’accord de fusion-absorption, signé le 21 avril 2026 avec les partenaires sociaux, marque l’aboutissement d’un rapprochement ancien entre les deux entreprises.
Déjà majoritaire au capital depuis plus de cinquante ans, Michelin franchit une nouvelle étape en intégrant totalement cette société fondée en 1946. Le manufacturier entend ainsi sécuriser l’avenir industriel du site dans un contexte devenu particulièrement difficile pour le marché du rechapage.
Michelin veut moderniser le site d’Avallon
Cette évolution doit permettre au site bourguignon de bénéficier plus directement des ressources industrielles et technologiques du groupe. Jusqu’ici organisée de manière autonome, l’entreprise devait gérer ses propres outils de production et ses systèmes administratifs, devenus moins adaptés aux exigences actuelles du marché.
Avec cette intégration, Michelin souhaite harmoniser les méthodes de gestion, moderniser les équipements et améliorer la compétitivité du site. L’objectif est également de faciliter l’accès aux innovations développées par le manufacturier, dans un secteur où la maîtrise des coûts et de la performance industrielle est devenue essentielle.
Une activité fragilisée par les pneus importés
Le rapprochement intervient alors que le marché du rechapage traverse une période particulièrement tendue. Depuis plusieurs années, les pneus rechapés subissent une forte pression concurrentielle liée à l’essor des pneumatiques neufs d’entrée de gamme importés d’Asie.
Cette évolution a directement affecté l’activité du site d’Avallon. La production est passée d’environ 240 000 pneus en 2019 à 180 000 unités aujourd’hui, illustrant les difficultés rencontrées par l’ensemble de la filière. Dans ce contexte, Michelin considère cette fusion comme un levier pour préserver une activité industrielle historique tout en renforçant sa capacité à rester compétitif sur le marché du poids lourd.
Aucun licenciement prévu
Sur le plan social, plusieurs mois de discussions ont précédé la signature de l’accord. Les organisations syndicales ont notamment obtenu des garanties sur l’emploi et les rémunérations des salariés du site.
Michelin s’est engagé à ne procéder à aucun licenciement dans le cadre de l’opération et à maintenir les niveaux de salaire existants. Les ajustements d’effectifs, pour ce site qui emploie près de 360 personnes, doivent reposer sur des départs naturels, des mobilités internes au sein du groupe et des dispositifs fondés sur le volontariat.
