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Aide au rechapage : "Un hold-up sur les éco-organismes et les automobilistes"

Publié le 1 avril 2026

Par Romain Baly
2 min de lecture
Président du Syndicat du Pneu, Dominique Stempfel réagit à la publication au Journal officiel de l'arrêté introduisant une nouvelle aide financière pour les spécialistes du rechapage VL. Un dispositif qui fait grincer le secteur car imaginé en seulement quelques semaines, sans grande concertation et qui sera porté par les éco-organismes.
L'arrêté introduisant une nouvelle aide financière pour la filière du rechapage aura un impact sur les automobilistes avec une écocontribution qui devrait augmenter de 20 %. ©Soreval

Une nouvelle qui ne passe pas. Les soucis de Black Star, mis au grand jour par son placement sous procédure de sauvegarde le 28 janvier 2026, font couler beaucoup d'encre depuis deux mois. Face à la fragilité de la filiale de Mobivia et de l'ensemble de la filière du rechapage VL, les pouvoirs publics souhaitaient créer une écocontribution inversée par laquelle les éco-organismes soutiendraient la filière en reversant à Black Star et ses confrères jusqu'à six euros par carcasse traitée.

Un dispositif décrié par ces mêmes éco-organismes comme par une partie de la filière, ce qui n'a pas découragé l'exécutif d'aller au bout de sa démarche. Le 27 mars dernier, l'arrêté introduisant cette aide a été publié au Journal officiel. De quoi nourrir le courroux de certains. "La filière du pneumatique conteste la méthode qui s’apparente à un hold-up sur les éco-organismes et les automobilistes", nous a ainsi partagé Dominique Stempfel, président du Syndicat du Pneu (SdP).

À la fin, ce sont les automobilistes qui paieront

Pour le premier représentant de l'organisation professionnelle, cette solution a été mise en place "d'autorité, précipitamment, sans consultation suffisante". "Les remarques effectuées lors de la réunion de concertation du 17 février organisée par la DGPR du ministère de la Transition écologique n’ont pas été prises en compte, laissant à penser que cette concertation n’avait été organisée que pour la forme", ajoute-t-il.

Selon Dominique Stempfel, cette aide aura un impact direct sur les automobilistes qui, au travers des éco-organismes, devront assumer une écocontribution en hausse de 20 %. Un constat "d’autant plus dommageable qu’elle contrarie les efforts effectués par la filière depuis 2004 pour en diminuer le montant."

"Comparer le rechapage VL et le rechapage PL est une erreur"

Plus qu'une simple critique du modus operandi et de ses conséquences, Dominique Stempfel tient aussi à réorienter le débat. "Comparer le rechapage VL et le rechapage PL est une erreur, pose-t-il. Le rechapage des pneus poids lourd est une solution vertueuse et parfaitement maîtrisée qui consiste à rechaper des pneus dont la carcasse a été initialement conçue pour supporter au moins deux vies. Ce n’est pas le cas des pneus pour véhicules légers."

"Entre outre, le rechapage des pneus poids lourd est généralement nominatif, c’est-à-dire que les pneus sont rendus au transporteur initial une fois rechapés, offrant une traçabilité sans faille. Ce n’est non plus pas le cas des pneumatiques VL. Il n’est donc pas pertinent de prendre exemple sur le rechapage PL pour développer le rechapage VL, les deux activités étant fondamentalement différentes."

Le Syndicat du Pneu réfléchit à contester cet arrêté

En outre, cette initiative de soutien public à une entreprise privée ouvre aussi la porte à une dérive que déplore le Syndicat du Pneu. L'organisation "milite pour que l’économie circulaire s’autofinance, sans faire appel à des fonds extérieurs, avec une écocontribution la plus faible possible, resitue son président. À ce titre, en collectant autant de pneus qu’elle en vend, la filière du pneu est exemplaire et doit inspirer d’autres filières REP."

Enfin, à en croire Dominique Stempfel, derrière les éco-organismes et les manufacturiers, les distributeurs ne peuvent pas non plus accepter cette mesure consistant "à leur faire collecter auprès des automobilistes via les éco-organismes une contribution pour financer la sauvegarde d’une entreprise initialement créée par un de leurs concurrents". Le président indique ainsi que son institution se réserve le droit d’exercer les recours à sa disposition pour contester cet arrêté.

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