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Marché

Le marché français cale encore au premier semestre 2026

Publié le 25 septembre 2026

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Par Romain Baly
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4 min de lecture
Dans la lignée d'un exercice 2025 décevant, les ventes de pneumatiques n'ont pas réussi à retrouver de la croissance dans l'Hexagone lors des six premiers mois de l'année 2026. À cette occasion, les volumes de pneus TC4 de remplacement accusent un léger repli de 0,2 %. Autres enseignements à retenir : la polarisation premium/budget se confirme alors que le toutes saisons poursuit sa moisson.
Selon les chiffres publiés par le Syndicat du Pneu (SdP), il s'est écoulé en France 14,6 millions de pneus TC4 de remplacement, en sell in, au cours du premier semestre 2026. ©AdobeStock_andrew_shots

Une douche froide. Après une année 2025 qui avait vu le marché décroître de 4,4 %, les résultats du premier semestre 2026 étaient forcément très attendus et de nombreux observateurs espéraient un rebond… qui attendra encore. Car les chiffres publiés par le Syndicat du Pneu (SdP) avec le soutien du cabinet GfK et d'Europool font état d'un bilan qui, à défaut d'être catastrophique, n'en demeure pas moins toujours négatif, confirmant ainsi les difficultés du pneumatique tricolore à retrouver des couleurs.

Selon l'organisation professionnelle, il s'est écoulé au cours des six premiers mois de l'année 14,6 millions de pneus TC4 (tourisme, 4x4/SUV, camionnette) de remplacement en sell in (des manufacturiers aux revendeurs). Un résultat en baisse de 0,2 % sur un an. Côté sell out (des revendeurs aux utilisateurs), le recul est encore plus prononcé avec un résultat à -0,9 %.

"On est là sur des niveaux plutôt bas et, compte tenu du contexte avec une période électorale qui approche, il y a peu de chances que la situation s'améliore" analyse Régis Audugé, directeur général du SdP.

Les reports d'achats attendus n'ont pas eu lieu

À y regarder de plus près, il apparaît que le segment des pneus tourisme, qui représente 80 % des volumes sell in et 85 % de ceux sell out, est resté à un niveau stable après deux précédents semestres de décroissance. En d'autres termes, les reports d'achat entre 2025 et 2026 qui étaient espérés par les professionnels n'ont pas eu lieu, expliquant en partie pourquoi le marché a de nouveau calé.

En outre, sur le plan de la valeur, le marché français représentait, au 30 juin 2026, 1,12 milliard d'euros. Un résultat en baisse de 0,3 % comparé au premier semestre 2025 alors même que le prix moyen TTC d'une enveloppe TC4 a augmenté d'un demi-point sur la période (à hauteur de 112 euros). Une résultante directe de la baisse du pouvoir d'achat des consommateurs qui se retrouve dans les équilibres du marché.

À l'issue de ce premier semestre 2026, les marques premium représentaient 47 % des ventes totales de pneus TC4 dans l'Hexagone, contre 26 % pour les budget, 19 % pour les quality et 8 % pour les MDD. Si l'instauration des mesures antidumping à l'encontre des manufacturiers chinois pourrait freiner cette dynamique, la tendance est aujourd'hui très claire : plus que jamais, le marché est polarisé entre deux pôles que sont les premium et les budget dont la croissance s'est élevée à 9 % depuis trois ans.

Le toutes saisons en passe de supplanter l'été

Côté saisonnalité, les derniers mois n'ont rien apporté de nouveau mais ont confirmé que le toutes saisons allait sous peu devenir le premier produit du marché. Quand l'été a reculé de 12 %, pour une PDM de 49 %, l'hiver s'est bien maintenu (+1,1 % et 5 % de PDM) alors que le toutes saisons a poursuivi sa conquête, fort d'une croissance de 15,7 % et d'un taux de pénétration désormais évalué à 46 %.

"Sur les trois dernières années, le toutes saisons a augmenté de 50 % et l'été a diminué de 24 %, fait remarquer Régis Audugé. Au rythme actuel, le premier doublera le second d'ici à la fin de l'année." Cette dynamique s'explique également par les prix moyens constatés. Longtemps plus onéreuses que les été, les enveloppes toutes saisons sont désormais bien plus accessibles. Le SdP fait état d'un tarif TTC de 102,50 euros contre 106,80 euros pour un été et 132,80 euros pour un hiver.

Les centres autos tirent leur épingle du jeu

Enfin, quant aux canaux de vente, l'organisation professionnelle en panélise trois principaux et les grands vainqueurs de cette première moitié d'année sont les centres autos. Ces derniers ont réussi à gagner du terrain en tourisme (+3,1 % en valeur), bien aidés par le segment toutes saisons (+22,4 %) et par leurs MDD (+11,4 %). Rappelons à ce titre que des réseaux leaders comme Norauto ou Feu Vert ont renouvelé récemment leurs offres de distribution, contribuant ainsi à cette dynamique.

Les pneumaticiens ont quant à eux reculé sur la plupart des segments. Le contexte économique et cette appétence toujours plus forte pour les produits premiers prix ne les aident pas, ajoute encore Régis Audugé. Même difficultés constatées chez les pure players qui représentent à date le canal le plus polarisé du marché avec 41,6 % des volumes réalisés en premium et 36,7 % en budget.

La crise pétrolière va faire gonfler les prix

Si les tendances, on l'a bien compris, ne sont pas favorables, les prochains mois seront toutefois scrutés de près. Outre la bascule été/toutes saisons, deux autres phénomènes pourraient rabattre les cartes du marché. Le premier tient dans les effets espérés des mesures antidumping de Bruxelles. Non recensées par Europool, les ventes de pneus chinois pèseraient entre 3 et 4,5 millions d'unités sur le territoire. Un volume qui devrait logiquement se réduire avec le déploiement de ces taxes et une compétitivité moins favorable à ces produits.

Le deuxième phénomène concerne le pic pétrolier. Bien perceptible par chacun d'entre nous depuis plusieurs semaines avec les prix des carburants qui s'envolent, cette inflation devrait également se ressentir dans toutes les activités portées par des produits pétrosourcés. Quand et jusqu'à quel point les fabricants de pneumatiques répercuteront-ils cette hausse ? La question reste en suspens mais il paraît évident qu'une actualisation des grilles tarifaires aura bien lieu, pénalisant une fois encore le budget des ménages.

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