S'abonner
Distribution

Groupe Grosjean, ou l’art de se relever

Publié le 1 avril 2025

Par Elodie Fereyre
11 min de lecture
Quand ils lancent leur activité en 1969, Jocelyne et Daniel Grosjean n’imaginent pas que, plus de 55 ans plus tard, leur fils unique, Fabrice, sera à la tête de quinze agences Profil Plus et de 180 collaborateurs. Un parcours marqué par des épreuves mais couronné d’une belle réussite.
Fabrice Grosjean (au second plan), dirigeant du groupe éponyme, accompagné de son équipe. ©Groupe Grosjean

Bien que le chemin soit parfois semé d’embûches, il réserve aussi de belles surprises, pour qui sait être résilient. Une qualité qui n’a pas échappé à la famille Grosjean, en particulier à Fabrice, qui a aujourd’hui pris les rênes du groupe fondé par ses parents en 1969. "Tout démarre en 1966. Mon père et ma mère, Jocelyne et Daniel Grosjean, se rencontrent et, très vite, décident de se lancer ensemble dans l’aventure entrepreneuriale. En 1969, naît leur "premier enfant" dans le sous-sol de la maison familiale, au Creusot", confie Fabrice Grosjean, leur fils unique.

Ils créent alors une activité de négociants spécialistes multiproduits, à la fois poids lourd et tourisme. Fabrice naîtra trois ans plus tard, en 1972, mais pas question pour autant de mettre en pause leur activité. "Le jour de ma naissance, ma mère rangeait des pneus dans le stock. Mes parents travaillaient d’arrache-pied. À l’époque, il n’était pas rare non plus que les camions soient traités le soir ou la nuit, dans la rue devant la maison", poursuit-il.

L’agence du Creusot à ses débuts dans les années 1970. ©Groupe Grosjean

L’agence du Creusot à ses débuts dans les années 1970. ©Groupe Grosjean

 

Rapidement, le travail paye et le couple embauche un premier salarié. Le binôme envisage alors de déménager l’entreprise pour mieux répondre à la demande. C’est Daniel Grosjean qui construira en grande partie le nouveau bâtiment, situé sur un axe plus passant du Creusot, en 1973. L’activité se poursuit, avec un fort développement sur l’industriel et notamment l’agricole.

À partir de cette époque, de nombreux collaborateurs viennent renforcer les rangs et l’entreprise lance ses premiers camions-ateliers, pour se rendre directement chez les clients. Un concept novateur dans la région, et qui a d’ailleurs fait jaser dans le landerneau du pneu en Bourgogne.

Les voyants au vert, le couple ouvre une seconde agence à Chalon-sur-Saône (71) en 1977, pour se rapprocher des flottes de transporteurs du secteur. En parallèle, les Grosjean comprennent que la diversification sera essentielle et misent sur les accessoires : les autoradios et les jantes alu. Mais ces marchés restent éphémères et battent rapidement de l’aile. Le couple se tourne alors vers l’entretien automobile dès le début des années 1980.

"L’idée était de proposer de l’entretien pour offrir une palette de services la plus complète pour leurs clients et ne pas avoir à les envoyer ailleurs quand ces opérations peuvent être réalisées sur place", détaille le dirigeant actuel.

Puis, quelques années plus tard, le couple profite de liens noués avec des confrères à l’occasion d’un voyage professionnel pour mener à bien sa première opération de croissance externe, en 1984. Jocelyne et Daniel rachètent la société Bourricard à Langres (52), soit à 180 km au nord du Creusot.

Un drame familial

Près de vingt ans et trois agences plus tard, l’entreprise prospère quand intervient une tragédie dans son histoire et celle de la famille Grosjean. "Mon père décède en 1986. Au retour d’une réunion de travail, il se tue dans un accident de voiture au mois de juin. Malgré le choc, ma mère relève le gant. Ce n’était pourtant pas simple à l’époque pour une femme dans ce milieu-là, encore très masculin. Elle conserve les trois agences existantes et poursuit l’aventure, se donnant sans compter et n’hésitant pas à braver les routes verglacées de Haute-Marne pour aller prendre des commandes chez des clients TP dès 6h du matin… Heureusement, la Peugeot 505 était équipée de pneus à clous pour affronter ces conditions !".

En 1987, arrive dans le groupe Grosjean Émile Leconte, un ancien de Michelin qui deviendra par la suite président du Syndicat du Pneu, et apportera sa pierre à l’édifice pour continuer le développement de l’entreprise. En 1991, l’opportunité de racheter le principal concurrent de Grosjean Pneus à Chalon-sur-Saône se présente. Jocelyne et Émile la saisissent. Ils reprennent ainsi l’affaire de Paulette Perret, Perret Pneus, ce qui leur permet d’asseoir leur présence dans la ville. Cela porte à quatre le nombre d’agences détenues par le groupe Grosjean : Le Creusot, Chalon Nord, Langres et Chalon Sud.

L’agence de Chalon-sur-Saône nord à l’ouverture. ©Groupe Grosjean

L’agence de Chalon-sur-Saône nord à l’ouverture. ©Groupe Grosjean

 

Le 1er avril 1996, Fabrice Grosjean, après un BTS de commerce international à l’ESC de Montpellier (34), fait son entrée dans l’entreprise familiale. "À ce moment-là, je n’ai pas du tout dans l’idée de reprendre l’entreprise créée par mes parents, mais ce sera le déclencheur. Je suis arrivé dans l’agence de Langres à la suite d’un problème de confiance avec l’équipe en place. Ma mère et Émile Leconte recherchaient une personne de confiance pour reprendre l’affaire. J’ai donc pris la tête de l’agence avec pour mission de faire mes armes et de maîtriser la gestion d’une entreprise", se souvient-il.

Toutefois, ce coup de pouce du destin vient confirmer une passion du monde automobile bien présente chez Fabrice qui, dès l’âge de 12 ans, montait ses premiers pneus. L’expérience dure cinq ans, durant lesquels, simultanément, Fabrice se mariera et aura deux enfants. En 2001, il divorcera et quittera l’agence de Langres pour rentrer au siège de l’entreprise, au Creusot, dans le bâtiment construit par son père dans les années 1970. Il prend alors en charge la communication, la ligne-produit tourisme, les achats et quelques clients industriels grands comptes.

La construction d’un réseau

En 2003, le groupe Grosjean, qui affiche un chiffre d’affaires de 11,4 millions d’euros, va prendre un nouveau tournant avec l’éclosion de l’enseigne Profil Plus. Mais pour mieux comprendre l’histoire, il faut effectuer un retour en arrière de quelques décennies. Dans le milieu des années 1980, les négociants spécialistes étaient de farouches indépendants. Toutefois, pour bénéficier de conditions commerciales intéressantes, plusieurs acteurs régionaux décident de créer un groupement d’achats baptisé Gedipneus.

"Ce dernier regroupait tout un tas de marchands de pneus locaux et régionaux. Il y avait des acteurs de la Haute-Saône, de la Saône-et-Loire, de la Côte-d’Or, du Jura, avec des noms comme Giradot, Bailly, Goesin ou encore Chevassu. Ce groupement intègre ensuite Panthère Pneus, puis le PAP (Professionnels associés du pneumatique). Tous ces acteurs essayaient à l’époque de faire face aux réseaux manufacturiers qui pointaient le bout de leur nez et d’optimiser leurs conditions d’achats", détaille Fabrice Grosjean.

C’est à cette période que naît le G6 : le groupement des six plus gros marchands de pneus régionaux de l’époque : les groupes Simon, Siney, Vaysse, Chouteau, DK Leclerc et Ayme, avec cette fois-ci, non plus la volonté d’être un groupement d’achats mais un groupement de ventes, afin de proposer une qualité de services et des conditions commerciales communes à des clients nationaux, qui commençaient à leur échapper, quelle que soit leur taille.

"Malgré sa couverture, le G6 avait des trous dans la raquette et ils ont donc ouvert rapidement à des indépendants régionaux représentatifs. Le premier était Pedarré, le deuxième, c’était nous. Nous nous sommes retrouvés à 17 adhérents au G6. Jusqu’à ce qu’Ayme crée son enseigne Côté Route et qu’il refuse de la partager, en tout cas d’un point de vue capitalistique avec les autres adhérents du G6. Le G6 implose alors et c’est à ce moment-là qu’est créé Profil Plus, en 2003. Depuis sa création, nous sommes adhérents et actionnaires du réseau", partage-t-il.

Toutes les agences du groupe deviennent alors des centres Profil Plus et Fabrice Grosjean s’investira fortement dans le réseau en passant plus de neuf ans au comité de direction, qui a notamment pour objectif de valider les politiques de marque et de définir les orientations stratégiques.

"J’y ai beaucoup appris auprès de mes collègues, souvent plus aguerris, avec des périmètres d’entreprises plus importants, en leur apportant aussi ma vision assez terrain et technique. Les présidents successifs, Jean-Paul Siney, Michel Simon (décédé le 3 février 2025, ndlr) Marie-Christine Billaud m’ont beaucoup apporté, tout comme Mickael Mauguen, qui est un garçon brillant et maîtrise parfaitement la gestion d’un groupe".

Les années glorieuses

Trois ans après son retour au Creusot, Fabrice Grosjean s’investit de plus en plus dans l’entreprise aux côtés de sa mère et d’Émile Leconte. La croissance externe reprend : en 2004, deux nouvelles agences sont reprises à Louhans et Tournus (71). Le chiffre d’affaires progresse, avec 15,6 millions d’euros en 2006, puis 17,1 millions en 2007. Le marché est porteur, la situation financière de l’entreprise est saine, tout comme sa trésorerie.

S’engage alors une dynamique de fortes acquisitions. Entre 2007 et 2011, création et/ou reprise de huit agences : Autun, Montceau-les-Mines, Digoin, Bourbon-Lancy, Chaumont, Nuits-Saint-Georges, Dijon et Nogent. "À cette époque, l’entreprise était bien gérée, et nous avions un fonctionnement tricéphale, qui a la vertu de pouvoir se concentrer sur plusieurs projets en même temps. Mais cela n’a pas toujours été facile, car diriger à trois est aussi un challenge et nous avions parfois des points d’achoppement entre ma mère, Émile et moi", se rappelle-t-il.

En décembre 2010, Fabrice Grosjean rachète l’intégralité des parts de l’entreprise à sa mère et Émile Leconte, qui prend sa retraite. Sa maman continue d’accompagner Fabrice pendant cinq ans, jusqu’en 2015.

Après le décès tragique de Daniel Grosjean en 1986, sa femme prend les rênes de l’entreprise familiale. Leur f ils Fabrice rejoindra quant à lui l’aventure dix ans plus tard. ©Groupe Grosjean

Après le décès tragique de Daniel Grosjean en 1986, sa femme prend les rênes de l’entreprise familiale. Leur fils Fabrice rejoindra quant à lui l’aventure dix ans plus tard. ©Groupe Grosjean

 

En 2011, Fabrice met en place un stock central. Il s’agit d’une plateforme pour ses clients revendeurs, puisque le groupe dispose d’un site de vente en ligne privé pour ses clients garagistes revendeurs. "Cette plateforme sert à la fois pour les clients garagistes, pour les ventes sur les plateformes internet type 07ZR, Tyre 24 et aussi pour nos agences. Quand certains produits ne sont pas disponibles chez les manufacturiers, on peut se dépanner grâce à notre propre plateforme", explique-t-il.

La vie de l’entreprise suit son cours jusqu’en 2015, où une nouvelle opération importante de croissance externe a lieu dans l’Yonne. Grosjean Pneus reprend les affaires Jeandot Pneus à Joigny et Tonnerre. En outre, le groupe rachète à Michelin un parc poids lourd très important : les Transports Cordier à Is-sur-Tille (21). Il s’agit de l’un des tout premiers parcs de cette taille qui quitte l’entretien manufacturier pour retourner dans la distribution indépendante.

Une nouvelle épreuve

Mais l’équilibre retrouvé après le décès de son père va à nouveau s’ébranler. Les premiers impacts de la loi LME sur les délais de paiement se font sentir. "Avec cette réduction des délais de règlement chez nos fournisseurs de façon drastique, nous avons perdu 750 000 euros de trésorerie tous les ans. Et une part non négligeable de nos clients a tout bonnement "oublié" d’en tenir compte dans le paiement de nos factures ! En parallèle, les résultats des entreprises reprises dans le 89 n’étaient pas à la hauteur des attentes. Il faut dire qu’elles faisaient leurs résultats sur le pneu tourisme d’occasion et que c’est un marché que l’on a voulu abandonner pour se rapprocher de ce que nous savions faire chez nous, à savoir de l’entretien, du pneu, du PL et de l’agricole. Malheureusement, la greffe n’a pas pris tout de suite", précise Fabrice Grosjean.

Les reprises de l’Yonne mettront près de huit ans à être redressées. "Dans le même temps, nous n’avons pas réussi à financer le rachat des Transports Cordier car les banques n’ont pas voulu nous suivre. Et pour couronner le tout, notre outil informatique nous a lâchés. Nous nous sommes alors retrouvés dans le brouillard le plus complet, sans savoir où nous allions. Nous sommes passés près de la correctionnelle et c’est à ce moment-là que Profil Plus est entré au capital chez nous, le 1er octobre 2017", ajoute-t-il.

Fabrice Grosjean quitte alors ses fonctions au sein du comité de direction du réseau, pour ne pas être "juge et partie". Mais souhaitant rester investi, il prend alors d’autres responsabilités au sein de Prody, la centrale d’achat de Profil Plus et Roady.

Pour l’entreprise dont le capital avait toujours été 100 % familial, c’est un véritable coup de tonnerre. Du jour au lendemain, Profil Plus devient actionnaire, avec pour ambition d’aider l’entreprise Grosjean Pneus à sortir de l’ornière et de préserver la présence du réseau dans l’est de la France. Une décision qui s’applique néanmoins avec la possibilité d’un retour en arrière dans les meilleurs délais. Un but qu’a poursuivi sans relâche le dirigeant ces dernières années.

En 2017, Profil Plus devient actionnaire, avec pour ambition d’aider l’entreprise Grosjean Pneus à sortir de l’ornière et de préserver la présence du réseau dans l’est de la France. ©Groupe Grosjean

En 2017, Profil Plus devient actionnaire, avec pour ambition d’aider l’entreprise Grosjean Pneus à sortir de l’ornière et de préserver la présence du réseau dans l’est de la France. ©Groupe Grosjean

 

Avec l’aide de ses confrères et de la direction de Profil Plus, il met en place un nouvel outil informatique pour piloter ses marges et ses résultats de manière très précise. Une tâche coriace qui sera récompensée en 2024. En effet, après un ralentissement dû à la crise de la Covid et au PGE contracté à cette période, le groupe Grosjean a retrouvé sa totale indépendance en février dernier.

Aujourd’hui, Fabrice Grosjean est donc à la tête de 15 agences et d’une plateforme de stockage pour un chiffre d’affaires de 40 millions d’euros et 180 collaborateurs. Le groupe a également conservé le parc des Transports Cordier avec des salariés détachés en permanence sur leur site. L’entreprise réalise environ 37 % de son activité en PL/génie civil/manutention, 37 % en tourisme/pôle auto/entretien et le reste en agricole, chacun de ses pôles étant dirigé par un responsable d’activité.

Ils sont accompagnés d’une fonction support pour la comptabilité, les finances, les ressources humaines et la QHSE, ainsi que d’un directeur général opérationnel qui supervise l’ensemble des agences.

Côté partenaires, le groupe Grosjean travaille historiquement avec Michelin, Goodyear, mais aussi Bridgestone et Firestone sur l’ensemble des lignes produits, et dans une moindre mesure, Hankook ou encore Vredestein. "Nous nous devons de suivre la politique du réseau qui œuvre beaucoup pour nous en termes de communication. Et le crédo est le suivant chez Profil Plus : toutes les marques, tous les pneus. Avant tout, notre ADN reste l’indépendance, c’est-à-dire être capable de proposer le produit qui nous semble le plus adapté à notre client, indépendamment de toute contrainte et obligation, celui pour lequel nous pouvons lui apporter le TCO le plus bas, le plus adapté, le plus pertinent", partage-t-il.

Comment se dessine le futur ?

Pour le dirigeant, la priorité est aujourd’hui de sécuriser le groupe, qui vient de retrouver son indépendance en rachetant ses parts à Profil Plus. Pour autant, Fabrice Grosjean ne s’interdit rien : "Si des projets de croissance externe se présentent, nous les regarderons attentivement. Mais sans commettre les erreurs du passé, qui étaient le résultat d’un manque de discernement".

À la fin de l’année, le groupe aura terminé de rembourser son PGE, et aura ainsi plus de facilités à reprendre des investissements. La priorité sera donnée à la modernisation des points de vente, à des agrandissements et des matériels de qualité permettant de limiter la pénibilité des tâches et d’améliorer la productivité. Le chef d’entreprise accorde également une importance fondamentale à la gestion des ressources humaines.

Aujourd’hui, Fabrice Grosjean est à la tête de 15 agences et d’une plateforme de stockage pour un chiffre d’affaires de 40 millions d’euros et 180 collaborateurs. ©Groupe Grosjean

Aujourd’hui, Fabrice Grosjean est à la tête de 15 agences et d’une plateforme de stockage pour un chiffre d’affaires de 40 millions d’euros et 180 collaborateurs. ©Groupe Grosjean

 

Celui qui définit les valeurs du groupe de la manière suivante : "Notre mission est de servir nos clients, de façon durable et profitable, pour eux comme pour nous, honnêtement et dans le respect de nos convictions et de notre savoir-faire", reconnaît que la gestion des hommes est un point clé pour y arriver. "Aujourd’hui, le métier souffre d’un manque d’image et nous avons tous un rôle à jouer pour le valoriser et le faire connaître, ce qui est passionnant. Le turnover est aujourd’hui plus important qu’à l’époque et il est de notre devoir de fidéliser les hommes qui réalisent les prestations de services", déplore-t-il.

Pour lutter contre ça, le dirigeant mise sur la formation à la fois via les commissions proposées par le réseau, les manufacturiers, mais aussi en interne, avec la mise en place dès l’intégration dans l’entreprise d’un plan de formation individuel. L’accompagnement des nouveaux entrants prend également la forme d’un binôme pour transmettre aux techniciens les astuces et bonnes pratiques du quotidien, avec une priorité, la sécurité avant tout.

Un avenir à écrire

Quant à la suite ? Même si l’heure n’est pas encore venue pour Fabrice Grosjean de quitter le navire, la question d’une future succession peut se poser. "Pour le moment, mes enfants, Loriane (27 ans) et Guillaume (24 ans) ne sont pas dans le métier. Ils feront ce qu’ils veulent de leur vie, je ne les pousserai pas, mais je ne les empêcherai pas non plus !", confie le dirigeant qui rappelle que l’investissement et le travail acharné sont nécessaires pour prendre de telles fonctions.

Il faut dire que les journées sont longues pour Fabrice Grosjean, qui ne rentre que rarement chez lui avant 20 h. Un emploi du temps chargé qui laisse tout de même un peu de place à celui qui se définit comme un accumulateur compulsif pour ses autres passions : le vin, l’automobile et Tintin. Ce dernier collectionne à la fois les bons millésimes, les youngtimers à l’échelle 1 et les figurines du héros d’Hergé.

"Mes parents ont énormément travaillé. Quand j’ai pris la suite, je l’ai aussi fait par passion, car je suis un fou d’automobile et le pneumatique était un moyen de côtoyer ce monde. Mais, plus jeunes, mes enfants ont vu ce qu’était ma vie. Quand j’ai quitté Langres pour revenir au Creusot, ils avaient respectivement 4 ans et 1 an et je n’étais pas très présent pour eux. Je pense que cela les a marqués et je ne suis pas sûr qu’ils aient envie de reproduire ce modèle. Pour le moment, rien n’est écrit…", conclut-il.

Vous devez activer le javacript et la gestion des cookies pour bénéficier de toutes les fonctionnalités.
Partager : 

Sur le même sujet

cross-circle