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Distribution

Point S : Victor Chouquet, héritier et bâtisseur

Publié le 2 novembre 2026

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Par Romain Baly
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5 min de lecture
Représentant de la troisième génération familiale, Victor Chouquet a rejoint ses parents à la tête de Parin Pneus. S’il ne se prédestinait pas à cette carrière, le trentenaire a eu le déclic après la Covid-19. Désormais bien à sa place, il s’inscrit dans les pas de ses aînés tout en cultivant ses propres idées pour faire grandir cette grande institution du pneumatique.
Victor Chouquet (3e en partant de la gauche) aux côtés de sa compagne, de son père et d’une partie de son équipe. ©Point S

La saga continue ! Nom incontournable de la distribution de pneumatiques dans l’Hexagone, Parin Pneus avait fait l’objet d’un reportage exaltant, fin 2021, dans Le Journal du Pneumatique n°170-171. La plume de Jean-Pierre Gosselin revenait alors sur la trajectoire exemplaire du groupe normand. Il y était question de son histoire, de sa philosophie, de son rayonnement, mais aussi de celles et ceux qui ont guidé et guidaient encore sa destinée.

Au bout de ce chemin empreint d’une réussite certaine se posait une question cruciale. Tandis que la deuxième génération familiale représentée par Christelle et Emmanuel Chouquet, respectivement fille et beau-fils du fondateur Daniel Parin, était aux manettes, la suivante allait-elle inscrire ses pas dans ceux de ses aînés ? Cinq ans plus tard, la réponse est clairement oui.

En réalité, il aurait fallu attendre à peine quelques semaines de plus pour lever ce doute car le point de bascule est intervenu à la même époque. Comme tant d’autres personnes, la pandémie de Covid-19 et ses différents confinements ont constitué un moment de profonde introspection pour le jeune Victor Chouquet.

Lorsque le pangolin chinois commença à faire des ravages, ce dernier n’en était qu’aux prémices de sa carrière et, bien qu’il eût baigné toute son enfance dans cet environnement, le pneumatique ne faisait alors pas partie de ses objectifs. "Cette entreprise fait partie intégrante de ma vie. Lorsque j’étais enfant, je jouais autour des stocks de pneus après l’école. Le week-end ou pendant les vacances, j’accompagnais mon père et, comme nous avons toujours une forte présence en agricole, je me retrouvais régulièrement dans des tracteurs !"

Une réflexion rondement menée

Pour autant, la graine de la gomme et de l’entrepreneuriat n’avait pas encore germé. Dans une famille qui ne pousse à rien d’autre qu’à l’épanouissement, ni Victor ni sa sœur cadette Valentine, au moment de choisir leur voie, n’envisagent de rejoindre leurs parents. L’un et l’autre s’orientent vers des études d’ingénieur, spécialisées dans les véhicules autonomes pour le premier et dans les télécommunications pour la seconde.

S’il rêvait de s’installer dans le sud de la France, c’est finalement à Rouen (76) que Victor Chouquet commença son parcours professionnel, travaillant dans une entreprise locale sur du développement informatique et de l’intelligence artificielle. Mais, on y revient, la Covid est ensuite passée par là.

"Le premier déclic est venu de ma sœur qui, à cette époque, m’a convaincu qu’on pouvait accompagner nos parents et reprendre l’entreprise. En parallèle, j’ai ressenti que je ne voulais pas vivre en ville et que mon avenir s’écrirait là où j’ai grandi." Du côté de Forges-les-Eaux (76), en l’occurrence.

Début 2022, l’idée fait son chemin et Victor accompagne alors son père au traditionnel congrès annuel Point S. Il y rencontre d’autres adhérents qui finissent de le convaincre. Dès le lundi suivant, il pose sa démission ! "Ça a pris mon père au dépourvu, reconnaît-il. Mais il a très bien accueilli la nouvelle et, comme j’avais une période de préavis, il a eu plusieurs mois pour préparer mon arrivée."

Pour faire ses armes et assimiler son nouveau métier, le jeune homme écoute, regarde, multiplie les visites dans les douze sites du groupe. Il se rend également dans le Nord, chez Europneus, autre adhérent historique de Point S, ou encore au siège de l’enseigne, à Lyon, pour se former.

Les équipes au centre de tout

Il lui faudra dix-huit mois pour prendre réellement la mesure de son nouveau costume. Le pneumatique sous toutes ses coutures (commerce, marketing, achats…) devient son quotidien alors que la gestion opérationnelle de Parin Pneus entre progressivement dans ses prérogatives. "J’ai la chance d’être accompagné par un père qui ne veut pas s’accrocher à son poste. Il a prévu de prendre sa retraite en 2027 et, en attendant, il fait tout pour faciliter cette transmission."

"Fils de" mais pas "copie de", Victor Chouquet devient progressivement un patron, avec ses idées et ses convictions. L’une d’entre elles porte sur la gestion des ressources humaines. Si trouver les bonnes compétences est difficile comme partout ailleurs dans le secteur, fidéliser les équipes et surtout les animer au quotidien est un challenge au moins aussi complexe.

Chez Parin Pneus, la fidélité n’est pas un vain mot, certains salariés affichant 40 ans d’ancienneté au compteur, et l’engagement des collaborateurs est une réalité à laquelle le jeune patron entend être à la hauteur. "Je me mets une grosse pression, admet-il. Mon père a construit des liens hyperforts avec les équipes. Nos 80 salariés savent qu’ils peuvent l’appeler 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. En retour, tous sont extrêmement dévoués alors qu’ils font un métier loin d’être facile. C’est ce qui rend notre entreprise très familiale et c’est ce que je souhaite faire perdurer."

L’autre notion à laquelle Victor Chouquet est très attaché porte sur l’indépendance. Être maître de son destin et rester patron chez soi, voilà ce qui définit Parin Pneus tout autant que son réseau. Les liens entre l’entreprise normande et Point S ne datent pas d’hier puisque leurs chemins respectifs se sont croisés en 2003.

Alors adhérents Eurotyre, Daniel Parin et Emmanuel Chouquet avaient été convaincus de changer de panneau après une rencontre décisive avec Christophe Rollet, directeur général de l’enseigne lyonnaise.

Plus de deux décennies plus tard, l’attachement entre les uns et les autres ne s’est pas étiolé. "Mon père a beaucoup d’admiration pour Christophe et je crois que c’est réciproque. Dans notre stratégie, on est très attachés à certaines marques, comme Michelin, mais on ne se voit pas avancer avec un autre réseau. Point S est celui qui colle le plus à nos valeurs."

À deux, c'est mieux

Tout en restant fidèle aux siens, Victor Chouquet construit son chemin avec l’idée de faire fructifier ce précieux trésor qu’on lui a confié. "Cet héritage est très important. Il porte le nom de mon grand-père et matérialise ce que deux générations ont bâti. J’ai forcément envie que ça fonctionne et d’être à la hauteur mais, en même temps, je sais que tout ne dépend pas que de moi. La Covid est venue nous rappeler que certains événements inattendus pouvaient tout remettre en question."

Pour avancer plus sereinement, le trentenaire peut compter sur sa compagne Romane, partenaire à la ville comme au travail. Le couple, qui attend son second enfant dix-huit mois après la naissance du petit Charles, avance tel un vrai binôme. Victor, lui, loue l’importance de cette épaule "si rassurante" face aux incertitudes et à la pression du quotidien.

Quant à ses parents, s’ils demeurent toujours aussi proches de leur fils, les sentiments se mélangent face à un contexte professionnel qu’ils ne connaissent que trop bien. "Ma mère semble très heureuse de mon parcours. Mon père est plus partagé. Il connaît le stress de gérer une telle entreprise et aimerait me protéger de cela, mais il est sans doute fier de mon engagement."

Quatre ans après son entrée dans le groupe, Victor Chouquet est plus déterminé que jamais à le voir grandir. Alors que Parin Pneus a généré l’an passé un chiffre d’affaires d’environ 20 millions d’euros, dont la moitié en industriel, ce dernier envisage de renforcer son rayonnement régional. "La dernière acquisition remonte à 2018, mais de nouvelles opportunités vont se présenter. On regarde, on y réfléchit. De toute façon, je ne suis pas venu là pour voir l’entreprise stagner !" Voilà qui est dit.

 

BIO EXPRESS

Victor Chouquet, 30 ans

  1. Obtient son diplôme d’ingénieur de l’Esigelec (Rouen).
  2. Devient développeur informatique chez Cordon DS2i.
  3. Intègre l’entreprise familiale Parin Pneus.

 

Cet article est extrait du Journal du Pneumatique n°196 de septembre-octobre 2026.

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