Bien que repris, Black Star va y laisser des plumes

Fin du suspense pour Black Star. Placé en procédure de sauvegarde depuis le 28 janvier 2026, le spécialiste des pneumatiques rechapés TC4 sait à présent de quoi sera fait son avenir. Le tribunal de commerce d'Arras (62) a officialisé sa reprise par un groupe d'investisseurs mené par Cédric Meston. Cet entrepreneur à succès a notamment conduit la reprise de Tupperware France en 2025. Il sera épaulé dans sa tâche par Arnaud Hage, spécialiste des restructurations d'entreprise, nommé président de la nouvelle entité baptisée "Black Star Next".
Le board est complété par deux autres figures bien connues du monde du pneumatique et de la distribution. Force vive du groupe Continental et d'Aumovio pendant deux décennies, Adrien Eymard rejoint l'aventure au poste de directeur général. Celui qui le précédait dans ce siège, Laurent Cabassu, reste aux côtés de la nouvelle équipe dans un rôle consultatif.
91 emplois préservés…
Tous ensemble, ces quatre personnalités entendent avec Black Star "faire du pneu reconditionné français un achat de bon sens, bon pour le pouvoir d’achat des Français, bon pour l’industrie et mieux pour l’environnement qu’un pneu neuf", comme indiqué dans un communiqué. Mais au-delà des grandes ambitions, ce projet prévoit la sauvegarde de 91 emplois dès à présent, sans licenciement pendant les 24 prochains mois et un effectif renforcé de 60 % d'ici cinq ans.
Entre le verre à moitié plein, celui de voir Black Star être sauvé, et le verre à moitié vide, voir l'entreprise continuer avec de la casse sociale à la clé, chacun se fera son avis. Car cette reprise aura bel et bien une conséquence sur le volet des ressources humaines. Cédric Meston et son équipe entendent ainsi recentrer les activités industrielles sur le seul site de Béthune (62), délaissant de facto celui de Saint-Pierre-de-Bœuf, dans la Loire.
… mais de nombreux autres touchés
Un choix qui permettra de réduire "la surcapacité structurelle qui pesait sur les coûts fixes" est-il encore indiqué. Pour rappel, avant ses déboires, Black Star fédérait environ 150 salariés tandis que l'usine de Saint-Pierre-de-Bœuf représentait un site symbolique en étant le berceau historique de l'entreprise. "91 personnes reprennent le travail sur le site de Béthune. C'est ça, d'abord" que veut retenir Arnaud Hage.
Pour réussir à redresser la société, les dirigeants pourront compter sur la sécurisation d'engagements contractuels noués avec Mobivia, qui était jusqu'ici le propriétaire de Black Star, et Bridgestone, qui exploitait avant sa fermeture l'usine de Béthune où se trouve le rechapeur. Celui-ci va en outre accélérer son développement sur des canaux stratégiques comme les flottes (Fraikin, Ayvens), les grands comptes (Renault, Euromaster), l'e-commerce ou encore les grossistes. De cette façon, l'ambition est d'atteindre 316 000 pneus vendus en 2027 et 436 000 en 2028.
