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Manufacturiers

Pour Black Star, les prochains jours seront décisifs

Publié le 18 mai 2026

Par Romain Baly
2 min de lecture
Cinq offres de reprises reçues mais aucune assurant sa pérennité pleine et entière. Alors que se profilent plusieurs échéances décisives pour l'avenir de la filiale de Mobivia, le constat est amer pour le spécialiste du rechapage de pneus VL. Black Star se retrouve plus que jamais englué dans une situation difficile.
Début juin, les repreneurs potentiels de Black Star retenus par le tribunal pourront défendre leur dossier. Une étape cruciale pour l'avenir de la société. ©Black Star

Black Star compte les jours en espérant une issue favorable. Placée en procédure de sauvegarde depuis le 28 janvier 2026, l'entreprise détenue par Mobivia a vu cinq prétendants se manifester auprès du tribunal de commerce d'Arras (62). Un signal que Laurent Cabassu, directeur général de Black Star, jugeait début avril "très positif". À ceci près qu'aucun d'entre eux ne permettrait au rechapeur d'en ressortir indemne.

Aujourd'hui, l'état d'esprit du dirigeant, bien que toujours aussi combatif, a quelque peu évolué. "La situation s'est tendanciellement dégradée", nous a-t-il confié. Le profil des prétendants, plutôt des petites et moyennes structures, oscille entre des sociétés spécialisées dans les reprises et des repreneurs intéressés par le savoir-faire de Black Star.

Même si Mobivia s'est engagé d'une part à poursuivre la commercialisation des produits Leonard et d'autre part à soutenir le futur repreneur, aucun d'entre eux n'offre assez de garanties pour une reprise complète des deux sites (Saint-Pierre-de-Bœuf et Béthune) de l'entreprise et des 150 salariés. "Il n'y a aucune offre idéale, résume le directeur général. C'est très décevant mais on avait compris depuis plusieurs semaines comment les choses allaient se dessiner."

Le tribunal devrait statuer cet été

Si plusieurs signaux – avec la fameuse aide sur les carcasses tant décriée, la future taxe antidumping sur les produits fabriqués en Chine, l'application plus stricte de la loi imposant aux services publics d'équiper prioritairement leurs flottes de véhicules avec des pneus rechapés, synonyme d'un impact direct sur son chiffre d'affaires – constituent autant de bonnes nouvelles pour Black Star, le compte à rebours est lancé.

Une situation forcément difficile à vivre pour les équipes. "On a eu très peu de départs depuis le mois de janvier, ce qui prouve que nos salariés y croient, indique Laurent Cabassu. Mais la situation n'en reste pas moins compliquée. À Saint-Pierre, certains de nos collaborateurs sont là depuis 20 ans et ils sont forcément touchés. A Béthune, une quarantaine d'entre eux faisait partie des équipes de Bridgestone et a subi la fermeture de l'usine. C'est un traumatisme qui ressurgit…"

Alors que la direction était attendue au tribunal le 13 mai, ce rendez-vous n'était qu'un point de passage en vue d'une autre date bien plus cruciale. Le 1er juin, l'administrateur judiciaire déposera officiellement les offres et chaque repreneur potentiel pourra dans les jours suivant défendre son dossier. À la suite de quoi, le tribunal statuera, probablement au cours de l'été. Le sort de Black Star sera alors scellé.

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