Mondial de l'Auto 2026 : pourquoi Dunlop a choisi d'être présent

Alors qu'une soixantaine de constructeurs automobiles ont répondu présents au Mondial de Paris 2026, les fabricants de pneumatiques ont, eux, largement boudé l’événement. Une absence remarquée, dans un salon qui a pourtant confirmé sa capacité à se réinventer face aux mutations du secteur automobile. Dans ce paysage, un acteur a fait figure d’exception : Dunlop.
Directeur des ventes dans l'Hexagone, Laurent Crampette tente de justifier cette défection : "Le Mondial est une vitrine très orientée grand public. À la différence des constructeurs, nous ne venons pas ici pour vendre nos produits. C'est une démarche purement de communication. Après, on n'est jamais à l'abri d'une bonne surprise… Si quelqu'un veut venir nous voir et discuter, on saura le recevoir dans les meilleures conditions !"
Trait d'union d'une riche histoire
Être seul ou bien accompagné importait peu à la marque britannique. Près de 30 ans après sa dernière participation, celle-ci a choisi de revenir à la porte de Versailles pour accompagner une relance engagée depuis sa reprise par le groupe japonais Sumitomo au début de l’année 2025. Imaginé par Mathilde Filiol, responsable marketing pour l’Europe du Sud-Ouest, le stand se voulait tel un trait d'union entre hier et aujourd'hui.
Du haut de ses 138 ans, Dunlop est une firme au riche passé, qui a des choses à raconter, mais qui est aussi en plein renouveau. Les 100 m2 de son espace d'exposition étaient ainsi représentatifs du temps qui passe mais aussi des multiples expertises de la marque. Les visiteurs ont pu retrouver les principaux produits de la gamme, dont le pneu été Blue Response TG, premier pneu développé à 100 % depuis la reprise.
Se trouvait également un espace dédié au tennis, l'un des savoir-faire historiques du fabricant avec des raquettes d'antan et d'aujourd'hui. Enfin, l'aspect de la compétition était omniprésent avec une Porsche ayant gagné Le Mans chaussée de pneumatiques Dunlop, des simulateurs permettant de se challenger sur le jeu vidéo Gran Turismo, et une photo monumentale de la passerelle mancelle, celle-là même qui a fait couler beaucoup d'encre et que la firme a perdue en quittant le giron de Goodyear.
Replacer la marque au centre du jeu
Un coup dur, forcément, que les équipes entendent compenser en multipliant les actions et les partenariats. "Il y a un nouveau chapitre à écrire, confirme Mathilde Filiol. On est désormais présent aux 24 Heures du Nürburgring. On peut très bien imaginer revenir au Mans sous une autre forme aussi. Tout est ouvert."
Dans cette quête, le Mondial, en dépit d'un coût à six chiffres, demeurait un investissement indispensable pour relancer l'image de Dunlop auprès du grand public. "Notre direction a compris que cet effort était nécessaire, conclut Laurent Crampette. La feuille de route est vaste mais l'engagement de Sumitomo s'inscrit sur le temps long et, aujourd'hui, on remet Dunlop dans le jeu."
