Loi Montagne : les Français ne risquent rien mais y adhèrent

La loi Montagne est de retour. Comme chaque année depuis 2020, le 1er novembre marque le lancement de la période hivernale sur nos routes. À partir de cette date, et ce jusqu'au 31 mars 2027, les automobilistes circulant dans 34 départements tricolores devront être équipés de pneus hiver ou toutes saisons badgés 3PMSF, ou détenir des chaînes ou des chaussettes à neige. Mais que ceux qui ne souhaitent pas se plier à cette mesure se rassurent : ils ne risquent toujours rien !
92 % d'opinions favorables
Le décret instaurant comme initialement prévu une contravention de 4e classe (135 euros) n'a jamais été publié, même si les forces de l'ordre peuvent interdire l’accès à une route enneigée à un véhicule non équipé. Un constat qui interroge forcément. Une loi sans arsenal répressif a-t-elle une quelconque valeur ou doit-on considérer qu'une loi n'a pas nécessairement besoin de cela pour avoir du sens ? Trouver une réponse à cette question est un jeu sans fin. Toutefois, la dernière édition de l'enquête consacrée à la loi Montagne confirme une évidence.
Réalisée par le Gipa à la demande du Syndicat du Pneu auprès de 2 500 automobilistes français, cette étude montre qu'avec ou sans sanction, cette mesure a trouvé sa place sur le territoire. 92,2 % des automobilistes interrogés expriment une opinion favorable (+1,2 % sur un an) et 38 % d'entre eux y voient "une très bonne initiative". La part des réfractaires reste stable sur un an, à hauteur de 7,8 % (-0,2 %).
Un effort de communication reste nécessaire
L'acceptation et l'assimilation étant deux choses différentes, c'est sur ce second point que des efforts sont encore à faire. Ainsi, l'enquête du Gipa montre que 14 % des conducteurs pensent à tort que la loi s'applique partout en France, contre 50 % qui savent qu’elle ne s’applique que dans les zones de massifs définies par les préfets. Autre point de vigilance : 48 % des automobilistes n'ont jamais vu les panneaux B58 et B59 marquant l'entrée et la sortie d'une zone concernée par la loi Montagne, alors qu'un sur deux indique n'avoir aucune idée de la signification du marquage 3PMSF.
La période d'application est quant à elle bien cernée par 60 % du panel, tandis qu'une infime partie de celui-ci pense qu'il est obligatoire d'être équipé correctement toute l'année. À propos de l'équipement, justement, l'aspect sécuritaire demeure de très loin le principal facteur incitatif (première raison citée par 64 % des personnes interrogées), loin devant la crainte d'une éventuelle sanction (11 %). En outre, près de la moitié du panel a déjà changé ou envisage de changer de pneumatiques pour se mettre en conformité avec la loi Montagne.
